La législation : des normes en plus

 

Trop d'interdits inappropriés

 

La nature n'appartient à personne mais nous avons le devoir de gérer ses ressources afin d'en avoir tous la jouissance : c'est en fait le sens biblique du mot "dominer" dans le livre de la Genèse et non pas de l'exploiter sans respect comme je l'entends trop souvent. Or pour ce faire, tous les moyens qui vont dans ce sens sont louables. On n'a pas le droit sous la pression d'arguments philosophiques de vous considérer moins écologiste parce que vous élevez des oiseaux ou cultivez des espèces rares.
Si au lieu d'interdire tout et n'importe quoi on commençait par autoriser et aider les initiatives conservatoires, si on commençait par abolir les idées toutes faites, si on commençait à étudier quelles sont les meilleures solutions on obtiendrait une conservation efficace de la diversité génétique sur notre territoire. Si on commençait à réunir et à écouter tous les acteurs avant d'interdire de façon autoritaire afin de donner plus de place au dialogue plutôt qu'à d'autres lois encore plus rigides qui asservissent toujours plus ceux qui se battent pour élever le niveau des ressources biologiques en France il y aurait enfin des résultats.
Il y a une telle pléthore d'interdits qu'il est impossible de tous les connaître mais on ne manquera pas de vous punir pour cela, certains agents de l'Etat manifestant à ce sujet un zèle exacerbé à la limite de l'abus de pouvoir, vous mettant au même rang que de dangereux trafiquants de drogue.  On est même tenté de penser que l'Administration encourage cette répression disproportionnée simplement pour accélérer la rentrée d'amendes de plus en plus lourdes et ... justifier les emplois de ses fonctionnaires en mal de responsabilités répressives :  mais est-ce que les espèces sont mieux protégées de la disparition ? NON car rien n'est fait en leur faveur mais seulement contre de prétendus contrevenants à des lois inadaptées et dictées par des lobbies qui savent très bien attirer des subventions souvent déplacées ! En revanche ces lois sont efficaces dans la protection les emplois administratifs de la répression ! Merci aux agents de l'Etat qui ne se prennent pas pour les justiciers de Dieu en matière de protection de la Nature qui rappelons-le  appartient à tout le monde sur la face de la Terre !
J'en ai assez qu'on me dise ce que je dois faire et penser et qu'on décide à ma place de l'appeler bien ou mal ; s'il vous plaît, arrêtez d'opposer délibérément les gens entre-eux pour maintenir votre fond de commerce, rendez-moi ma liberté, c'est pour elle que j'ai lutté en 1789 mais tout est à refaire !

 

Mauvaise rédaction de la loi

 

Art. 1er - Afin de prévenir la disparition d'espèces végétales menacées et de permettre la conservation des biotopes correspondants, sont interdits en tout temps, sur le territoire de la région Aquitaine, la destruction, la coupe, la mutilation, l'arrachage, la cueillette ou l'enlèvement, le colportage, l'utilisation, la mise en vente, la vente ou l'achat de tout ou partie des spécimens sauvages ci-après énumérées.

 

Toutefois, les interdictions de destruction, de coupe, de mutilation ou d'arrachage ne sont pas applicables aux opérations d'exploitation courante des parcelles habituellement cultivées.

Voici un exemple de texte extrait du journal officiel. Non seulement il est parlé de "spécimens sauvages" sans précision mais en plus le texte prévoit déjà une dérogation : si l'espèce est en voie d'extinction et qu'elle est dans une zone agricole comme c'est très souvent le cas, elle n'a donc aucune chance de survie dans ce territoire. Qu'entend donc la loi par le terme de "sauvage" ? S'agit-il des spécimens d'une espèce dans la zone concernée ou de l'espèce dans sa définition. Si comme l'usage et la compréhension de l'essence de la loi le laisse supposer, le législateur se réfère au premier cas on tombe dans un paradoxe juridique. En effet toutes les espèces présentes sur la liste d'Aquitaine sont notamment interdites de commercialisation en Aquitaine mais elles sont autorisées en Midi-Pyrénées par exemple. Cela signifie qu'un aquitain ne peut pas produire une plante présente sur son territoire alors que les autres régions en sont autorisées. C'est donc une discrimination entre les populations d'un même pays.
Ce même schéma se reproduit pour les départements et une plantes protégées dans les Landes peut très bien être vendue en Gironde. Et ainsi de suite jusqu'à en arriver au sommet du paradoxe avec l'arrêté de Guyane ou le cas des espèces chassables.

 

L'arrêté de Guyane
 
La France est championne du monde en matière d'élaboration de contradiction sur ce plan et les français la malchance de posséder un vaste territoire outre-mer où de nombreuses espèces sont menacées. Ah, quel dommage que nous ne soyons ni belges ni hollandais pour la culture et l'élevage de nombreuses espèces car le cas relève du même principe que précédemment.

 

L'arrêté de Guyane interdit donc la culture et l'élevage non pas des espèces endémiques de son territoire, ce qui pourrait se comprendre sur le plan de la protection, mais toutes les espèces présentes en Guyane, y compris celles qu'on retrouve dans toute l'Amérique du Sud. C'est ainsi qu'en tant qu'éleveur de colombes rares, je suis dans l'illégalité si j'élève en France la colombe rousse présente en Guyane. Pourtant cette espèce est loin d'être menacée puisque son aire de répartition va du Texas à l'Argentine où partout elle est abondante. En revanche cette espèce est commune dans les élevages des autres pays de l'Union européenne parce que, eux, ils ont la chance de ne pas avoir la Guyane ! Je ne suis pas certain que cette situation ne soit pas condamnable par Bruxelles mais évidemment quel éleveur a les moyens de porter plainte contre la France ?
Une fois encore je me permets  de demander ce que font nos élus pour modifier des lois mauvaises surtout lorsqu'elles bafouent le principe d'égalité et de liberté des citoyens ! Quoiqu'il en soit, tous les européens, sauf les français, ont une économie basée sur la culture et l'élevage de milliers d'espèces, un triste constat qui ne profite en rien à la France. Pire, les autres pays nous vendent leurs productions parce qu'au moins dans le cas des plantes, personne n'est capable d'assurer le contrôle puisqu'aucune administration n'a la compétence ni les moyens de déterminer les espèces. Nous perdons donc sur les deux tableaux : l'un économique, l'autre scientifique et technique (perte du savoir-faire en matière de culture et d'élevage des espèces concernées).

 

Les espèces chassables

 

Un seul exemple très bref sur deux types d'espèces : la tourterelle des bois et les grives. La loi française en autorise la chasse mais en interdit l'élevage libre. Je crois que tout le monde comprend aisément la stupidité d'une telle législation : j'ai le droit de les tuer mais pas de les élever. Heureusement que les pionniers de la domestication ne se sont pas tirés cette balle dans le pied en s'interdisant l'élevage et la culture ! Voilà comment le législateur, séduit par des discours qu'il ne sait pas appréhender de façon globale, ajoute un interdit de plus qui ne règle rien : les espèces déclinent quand même !

 

Deux exemples pour illustrer

 

L'exemple australien

 

Pendant des années j'ai importé des graines en provenance d'Australie par l'intermédiaire de grossistes  et y compris des graines d'espèces protégées en Australie. Cela est possible parce qu'au niveau des plantes, l'Australie a opté pour la politique que je viens de vous présenter : cultiver pour ne pas prélever et rendre ainsi inutile toute forme de pillage des stations. L'exemple le plus frappant est certainement celui du pin Wollemi qui a été découvert en 1994. La France aurait très certainement interdit la culture et la vente de cette espèce rarissime et placé une protection administrative de répression qui aurait coûté des millions d'euros pour son application.
 

 

En Australie, rien de tout ça et c'est même le contraire que le gouvernement a fait. La plante a été abondamment multipliée par la technique de la culture in vitro afin de vendre sous licence des milliers de plants à travers le monde. La vente aux enchères des 300 premiers exemplaires a rapporté un million de dollars australiens au pays alors que penser des royalties et donc du profit que cela a généré pour l'état australien après la vente massive de ces dernières années ? Peut-on dire que l'Australie ne sait pas protéger sa faune et sa flore, une des plus riche de la planète ?
L'exemple français

 

La France aurait pourtant son "pin Wollemi" référence d'une manne économique : le sabot de Vénus, une magnifique orchidée terrestre que l'on trouve encore dans les Pyrénées et dans une bonne moitié Est du pays. Son aire mondiale de répartition est vaste : toute l'Europe, la Russie, la Chine et l'Amérique du Nord ce qui nous dit que l'espèce est lon d'être en danger. Et voici ce qu'on peut lire dans un ouvrage orienté mais dit de référence sur les plantes menacées de France :
"Volontiers symbole de la protection végétale, cette orchidée est pourtant encore souvent cueillie (y compris pour la revente) et sa régression est préoccupante, surtout en plaine."
 

 

Mais alors, qu'attend-on pour la multiplier in vitro comme toutes les autres orchidées et en inonder le marché, sa disparition de France ? Par contre nos voisins peuvent la cultiver alors que nous n'avons même pas le droit de l'acheter. Que de stupidité dans cette règlementation !  Au dernier congré sur les agrumes en Andalousie, il y avait un millier de participants dont plus de 300 chinois. L'économie du vivant est en marche mais nous, français, forts de l'administration que le monde nous envie, nous en sommes encore à interdire ce que tous les autres nous vendent de culture.