Abies balsamea : le sapin baumier du Canada

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Famille Pinaceae

Abies balsamea (L.) Mill. (1768))

Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 08/2026).
Publication : Gard. Dict. ed. 8 3 1768.
Synonymie : Pinus balsamea L. (1753) ; Pinus abies Du Roy. var. balsamea (L.) Münchh. (1770) ; Pinus taxifolia Salisb. (1796) ; Abies balsamifera Michx. (1803) ; Peuce balsamea (L.) Rich. (1810) ; Abies hudsonia Bosc ex Jacques. (1829) ; Picea balsamea (L.) Loudon. (1838) ; Picea balsamea var. longifolia Loudon (1838) ;Picea fraseri (Pursh) Loudon var. hudsonia (Bosc ex Jacques) Knight & Perry (1850) ; Abies balsamea var. brachylepis Willk. (1875).
Noms vernaculaires : sapin baumier du Canada ; Engl. balsam fir.

Bibliographie : Krüssmann Gerd, Manual of cultivated conifers, 1985.

Collectif, The families and genera of vascular plants, Tome I, Edited by E. Kubitzki, 1990.

Urban Jacques, Les cahiers du naturaliste N°1, 2005.

Aljos Farjon, World checklist and bibliography of Conifers - 1ère édition (1998).

Christopher J. Earle, The Gymnosperm Database www.conifers.org.

Iconographie :
Urban Jacques : 1. cône ; 2. rameau
Internet www.conifers.org : 3. cône.

Description détaillée

Abies balsamea, sapin baumier du Canada

Arbre de taille moyenne (15-25 m) à port conique et à branches relativement fines. Ecorce grise avec de nombreux exsudats de résine mais rarement écailleuse. Les jeunes rameaux sont gris-jaunâtre et localement pubescents. Ils portent de petits bougeons ovales, brillants et résineux. Les aiguilles mesurent 15-25 mm de long et ont un apex arrondi voire parfois légèrement fourchu. Elles portent un sillon en forme de V très distinct. Enfin, elles dégagent une forte odeur de baume lorsqu'on les froisse (d'où son nom). Sur les rameaux fructifères, elles sont plus courtes, plus pointues et courbées vers le haut. Les cônes ovales sont petits (5-9 cm), violet-foncé peu de temps avant la maturité puis brun-gris à maturité et habituellement très résineux.

Origine géographique : une grande partie du Canada (de l'Alberta au Québec) jusqu'à la Virginie (USA) au sud. C'est l'espèce la plus répandue en Amérique du nord. Il pousse principalement dans les montagnes et les endroits humides voire même marécageux. Il est très élégant quand il est jeune mais son intérêt ornemental disparaît avec l'âge. Enfin, sa durée de vie est relativement courte mais sa croissance rapide en fait une espèce intéressante.

Jacques Urban, 2005.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 3

Taxons inférieurs : 2 sous-espèces et 2 variétés acceptées à ce rang en 2005.

Abies balsamea var. phanerolepis Fernald (1909).

Statut du taxon : accepté
Publication : Rhodora 11: 201 (1909).

Synonymie : em>Abies balsamea fo. phanerolepis (Fernald) Rehder (1940). Abies intermedia Fulling (1936) ; Abies x phanerolepis (Fernald) T. S. Liu. (1971) ; Abies balsamea subsp. phanerolepis (Fernald) Murray (1982)./p>

Variété identique au type si ce n'est que les cônes sont plus petits et que les bractées dépassent parfois les écailles (ce n'est même pas toujours le cas) et elles sont réfléchies. Comment ne pas voir dans cette population rien de plus qu'une recombinaison des caractères communs aux trois taxons définies dans la clé de détermination et notamment une grande similitude avec les cônes de fraseri ? Personnellement je considère ce taxon comme invalide au rang de la variété à cause de la faiblesse même de ses caractères distinctifs. Peut-être un hybride (métis) naturel de fraseri

Abies balsamea subsp. fraseri (Pursh) E. Murray (1982).

Statut du taxon : accepté
Publication : Kalmia 12: 18. (1982).

Synonymie : Pinus fraseri Pursh (1814) ; Abies fraseri (Pursh) Poir. (1817) ; Pinus balsamea var. fraseri (Pursh) Nutt. (1818)Abies humilis Bach. (1826) ; Picea fraseri (Pursh) Loudon (1838) ; Abies balsamea var. fraseri (Pursh) Spach (1841) ; Abies americana Prov. (1862)./p>

Sapin des Appalaches. Beaucoup plus petit que balsamea avec seulement 9-12 m de haut (très rarement au-delà et dans ce cas ne sommes-nous pas en présence d'individus porteurs d'allèles récessifs et présents dans la population originelle ou tout simplement d'individus bénéficiant d'un sol plus favorable ?) Port identique mais parfois un peu plus colonnaire et écorce et rameaux semblables. Par contre, chez fraseri la pubescence est plus longue et plutôt frisée. Les bourgeons sont également identiques (sans doute plus arrondis) et les aiguilles sont sensiblement plus courtes quand on les considère d'une manière statistique sur l'ensemble de la population (12-20 mm) encore que je ne crois pas qu'au¬cune étude précise n'ait démontré que cette observation a une réelle valeur statistique au sens mathématique du terme ou s'il s'agit simplement d'observations relevées sur quelques individus. Ce n'est certainement pas la quantité de lignes de stomates présentes sur chaque aiguilles (8-12 pour fraseri et 4-8 pour balsamea) qui doit orienter la taxilogie vers le statut d'espèce séparée. Par contre, les cônes sont légèrement plus petits puisqu'il ne dépassent pas 3 à 6 cm de long pour 2,5 à 3 cm de diamètre ; les bractées sont le plus fréquemment visibles et réfléchies.

C'est à mon avis le seul caractère sérieux qui permettent la distinction des deux populations (et encore seulement si les cônes sont vraiment petits car balsamea a des cônes de 5 cm) mais en aucun cas il ne peut être utilisé pour justifier la séparation en deux espèces car le développement du cône est postérieur à la fécondation et donc ne la perturbe pas. Les allèles codant pour les caractéristiques de petits cônes mûrs sont naturellement concentrés dans cette population et rien de plus ! Comme balsamea, ce taxon est ornemental lorsqu'il est jeune et il a une durée de vie courte.

Origine : les Appalaches dans le centre-est des USA. La plupart des synonymies concernant ce taxon en fait une sous-espèce ou une variété de balsamea, dont Murray en 1982.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 5

Abies balsamea subsp. lasiocarpa (Hook.) Boivin (1959).

Statut du taxon : accepté
Publication : Naturaliste Canad. 86: 222 (1959).

Synonymie : Pinus lasiocarpa Hook. (1838) ; Abies grandis Engelm. (1862) ; Abies bifolia A. Murray (1863) ; Picea bifolia A.Murray bis (1875) ; Picea lasiocarpa (Hook.) A. Murray (1875) ; Abies subalpina Engelm. (1876) ; Abies concolor var. lasiocarpa (Hook.) Beissn. (1887) ; Abies lasiocarpa var. fallax Franco (1950) ; Abies lasiocarpa subsp. bifolia (A.Murray bis) Silba (2008)./p>

Les cônes de ce taxon sont proportionnellement plus cylindriques que chez les précédents mais tous restent de petite taille puisque de 6-10 cm de long chez le type il mesurent 5-8 cm pour à peine 2-3 cm de diamètre chez la variété arizonica. Seul le port est nettement plus colonnaire que chez les deux autres. La plupart des individus atteint aisément 30 à 40 m de haut chez la variété type, lasiocarpa, alors que chez arizonica on ne rencontre guère de sujets de plus de 15-20 m. Écorce similaire à balsamea mais plus ou moins sillonnée ainsi que les rameaux avec une pubescence comparable (y compris le fait qu'ils soient aussi glabres). Bourgeons similaires. Aiguilles plus longues (25 à 40 mm) et apex variablement arrondi ou pointu, voire même émarginé ce qui tend à confirmer que ce caractère n'est pas distinctif de l'espèce. Les bandes stomatales sont à la fois situées sur la face inférieure comme chez les autres taxons, une de chaque côté de la nervure mais également sur la face supérieure, exactement sur la nervure centrale. Toutes contiennent 5-6 lignes. Bien sûr les aiguilles froissées sont très aromatiques.

C'est un excellent arbre de parcs avec un feuillage très parfumé mais qui ne conviendra que pour les climats humides et froids avec même une excellente capacité à résister à l'accumulation de neige sur la ramure. Ne conviendra pas en climat méditerranéen beaucoup trop sec. En général, croissance plus lente que chez balsamea et plus difficile en culture avec un taux de germination plus faible.

Origine : montagnes de l'ouest américain, de l'Alaska à l'Oregon, l'Utah et le Nouveau Mexique.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 2

Abies balsamea subsp. lasiocarpa var. arizonica (Merriam) J. Urb (2005).

Statut du taxon : accepté
Publication : Les cahiers du naturaliste N°1, 2005.

Synonymie : Abies arizonica Merriam (1896) ; Pinus beissneri Voss (1907) ; Abies balsamea var. arizonica (Merriam) B.Boivin (1959) ; Abies lasiocarpa subsp. arizonica (Merriam) A. Murray (1982)./p>

Outre sa taille plus faible, il se distingue du taxon précédent par une écorce liégeuse épaisse blanc-crème. Ses aiguilles sont plus pectinées (caractéristique des taxons croissant dans des régions où l'air est plus sec) et sont nettement plus bleutées dessus ce qui contraste avec la blancheur de la face inférieure. Ses cônes portent des bractées qui contrairement à tous les autres taxons du groupe, dépassent des écailles au moins partiellement. Son feuillage est particulièrement ornemental mais hélas c'est une variété peu cultivée.

Origine : montagnes d'Arizona et du Colorado entre 1200 et 2600 m d'altitude.