Abies guatemalensis : le sapin du Guatémala

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Famille Pinaceae

Abies guatemalensis Rehder (1939)

Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 08/2026).
Publication : J. Arnold Arbor. 20: 285 (1939).
Synonymie : Abies guatemalensis var. ixtepejiensis Silba (2000) ; Abies guatemalensis subsp. ixtepejiensis (Silba) Silba (2008) ; Abies guatemalensis subsp. longibracteata (Debreczy & I.Rácz) Silba (2008) ; Abies guatemalensis var. longibracteata Debreczy & I.Rácz (1995) ; Abies guatemalensis var. rushforthii Silba (2000) ; Abies guatemalensis subsp. rushforthii (Silba) Silba (2008) ; Abies guatemalensis var. tacanensis (Lundell) Martínez (1963) ; Abies guatemalensis var. tamaulipasensis Silba (1998 publ. 1997) ; Abies guatemalensis subsp. tamaulipasensis (Silba) Silba (2008) ; Abies guatemalensis subsp. zapotekensis (Debreczy, I.Rácz & G.Ramirez) Silba (2008) ; Abies tacanensis Lundell (1940) ; Abies zapotekensis Debreczy, I.Rácz & G.Ramirez (1995).
Noms vernaculaires : sapin du Guatémala ; Engl. Guatemalan fir.

Bibliographie : Krüssmann Gerd, Manual of cultivated conifers, 1985.

Collectif, The families and genera of vascular plants, Tome I, Edited by E. Kubitzki, 1990.

Urban Jacques, Les cahiers du naturaliste N°1, 2005.

Aljos Farjon, World checklist and bibliography of Conifers - 1ère édition (1998).

Christopher J. Earle, The Gymnosperm Database www.conifers.org.

Description détaillée

Arbre à port conique de 20-35 m pour une tronc de 60 à 90 cm de diamètre à écorce brun-foncé voire noirâtre et à branches plutôt horizontales et espacées. Rameaux brun-rouge à rouge-foncé tirant sur le noir par endroit ; ils sont pubescents. Bourgeons ovoïdes à globuleux et toujours légèrement résineux. Aiguilles le plus souvent pectinées, arrangées en spirale et de taille assez variable de 15 à 30-55 mm de long pour 1,2 à 2 mm de large. Pas de stomate sur la partie supérieure vert-franc mais 8 à 10 lignes stomatales sur la partie inférieure plutôt bleutée. Apex arrondi mais émarginé. Cônes oblong-cylindriques souvent rétréci vers l'apex comme chez religiosa et durangensis, brun-jaunâtre, de 8-11 cm de long et 4-5 cm de diamètre au plus large. Bractées cachées par les écailles et pubescentes sur les bords. Graines de 22 à 25 mm de long dont 15 pour l'aile ; elles sont brun-pâle.

Origine géographique : Depuis le Centre du Mexique (extrême Nord-est de Jalisco autour de Guadalajara et l’État de Tamaulipas) jusqu'au Salvador et le Honduras entre 1800 et 4000 m d'altitude où il pousse dans la zone pluvieuse (au-delà de 1000 mm/an).

Jacques Urban, 2005.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 8

Taxons inférieurs : une sous-espèce et une variété acceptées à ce rang sous réserve.

Abies guatemalensis subsp. flinckii (Rushforth) J. Urb. (2026).

Statut du taxon : accepté sous réserve
Publication : ce site même si actuellement sans la valeur officielle d'une publication à laquelle je n'ai d'ailleurs pas accès !

Synonymie : Abies flinckii Rushforth (1989).

Les taxons s'empilent au gré des auteurs et du niveau que chacun accepte de franchir dans les divergences concernant l'appréciation des caractères de chaque groupe d'individus rencontrés sur le terrain et ce au détriment de la plus grande majorité des caractères communs, les vrais qui font que deux espèces sont visiblement différentes. Depuis des décennies la chasse au nouvelles espèces semblent animer le botaniste d'une frénésie insatiable au point que le moindre détail anatomique devient le prétexte pour valider la découverte extraordinaire d'une nouvelle espèce, sorte de chainon manquant à la grande évolution de quelque chose de plus grand qui intellectuellement nous échappe mais que nous croyons maitriser.

Bref, assez philosophé et tant pis pour les bons usages scientifiques qui ne font que repousser le problème, il me semble que A. flinckii n'est qu'une sous-espèce de A. guatemalensis quasiment isolée dans le Centre Ouest du Mexique, depuis le Sud de Mexico jusqu'au Centre de l’État du Michoacan, au Sud de Morella et à l'extrême Est de l'Etat de Jalisco, toujours en des populations éparses et très localisées. De ces populations est issue encore plus à l'Ouest, vers Puerto Vallarta un taxon très proche qui a été nommé A. jaliscana car pour moi c'est dans cet ordre de grandeur des populations que la nomenclature devrait s'exercer. Donc A. jaliscana devient ici une variété très localisée de A. flinckii, lui-même population particulièrement réduite et vulnérable de A. guatemalensis qui l'est au moins autant.

Cette sous-espèce se distingue de guatemalensis principalement par des aiguilles plus longues, de 35-70 mm contre 15-55 mm, aiguilles parfois vrillées à la base et dont l'apex est émoussé ou bifide alors qu'il est juste émarginé ou échancré chez le type et la base n'est apparemment jamais vrillée. Enfin les cônes femelles matures sont très similaires dans leur forme cylindique-ovoïde et sont en moyenne sensiblement plus longs que chez guatemalensis : 12-16 X 4-4,5 cm contre 8-12 X 4-4,5 cm. Il ne fait aucun doute pour moi qu'il s'agit bien d'une population quasiment isolée de A. guatemalensis plutôt que A. religiosa qui a des aiguilles beaucoup plus courtes. Les différences avec A. guatemalensis ne sont pas suffisantes pour en faire une espèce et le rang de sous-espèce convient mieux car les populations de guatemalensis dans l'aire de flinckii sont très rares et très localisées.

La pléthore de synonymes pour un taxon aussi rare semble prouver que sa variabilité est relativement importante car je ne peux pas croire que les arpenteurs de terrain en quête d'espèces nouvelles n'aient pas une bonne voire une très bonne connaissance des caractéristiques des taxons déjà connus complètement décrits et bien localisés. Dans les siècles passés cela se comprenait mais depuis 50 ans l'information est accessible et circule. Si on ajoute la description en 1995 de 3 autres taxons (hidalgensis, neodurangensis et zapotekensis ce dernier enfin classé en synonymie) dans des régions où déjà plusieurs taxons d'Abies sont présents je me dis qu'au rythme où ça va, si quelqu'un se met à faire l'analyse moléculaire de chaque sapin notamment en Chine et au Mexique, on va se retrouver dans quelques années avec une bonne trentaine d'espèces nouvelles à ajouter à la cinquantaine d'aujourd'hui : je propose donc qu'on rappelle aux botanistes la notion d'espèce et que ce soit des taxinomistes qui hierarchisent les caractères avant de classer les taxons car je ne crois pas que le genre Abies a une variabilité de niveau spécifique aussi grande. Comme dans beaucoup de genres, tous ces caractères considérés comme discriminants sont seulement d'un niveau infra-spécifiques car non structurants. Comparez avec la zoologie où certaines espèces sont très polymorphes mais appartiennent toujours à la même espèce ! Jamais en zoologie dans un même genre vous n'aurez un tel emboitement : genre ► sous-genre ► section ► sous-section ► série ► espèce ► sous-espèce ► variété ► forme, soit 8 niveaux de taxons entre genre et infra-espèce.

Abies guatemalensis subsp. flinckii var. jaliscana (Martinez) J. Urb. (2026).

Statut du taxon : accepté sous réserve
Publication : ce site même si actuellement sans la valeur officielle d'une publication à laquelle je n'ai d'ailleurs pas accès !

Synonymie : Abies religiosa var. emarginata Look ex Mart. (1948) ; Abies guatemalensis var. jaliscana (Martínez) (1948) ; Abies guatemalensis subsp. jaliscana (Martínez) Silba (2008) ; Abies jaliscana (Martínez) Mantilla, Shalisko & A.Vázquez (2014).

Ce taxon est présent à des altitudes comprises entre 1 580 et 2 400 m sur des versants montagneux escarpés et dans des ravins humides, sur les pentes exposées vers la mer et vers le nord. Il se distingue du précédent par des aiguilles pouvant atteindre 50-90 mm, toujours vrillées à la base et dont l'apex est émarginé ou obtus alors qu'il est émoussé ou bifide chez flinckii et la base n'est pas toujours vrillée. Enfin les cônes femelles matures sont très similaires dans leur forme cylindique-ovoïde et sont en moyenne plus petits que chez flinckii et guatemalensis : 6-10 X 2,5-4 cm. Ce taxon à population réduite est en danger dans son milieu naturel.