Abies homolepis : le sapin de Nikko

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Famille Pinaceae

Abies homolepis Siebold & Zucc. (1842)

Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 08/2026).
Publication : Fl. Japon. 2 (2): 17, t. 108 (1842).
Synonymie : aucune.Pinus homolepis (Siebold & Zucc.) Antoine (1846) ; Abies brachyphylla Maxim. (1866) ; Abies firma var. brachyphylla (Maxim.) Bertrand (1871) ; Picea brachyphylla Gordon (1875) ; Abies harryana W. R. McNab. (1876).
Noms vernaculaires : sapin de Nikko ; Engl. Nikko fir.

Bibliographie : Krüssmann Gerd, Manual of cultivated conifers, 1985.

Collectif, The families and genera of vascular plants, Tome I, Edited by E. Kubitzki, 1990.

Urban Jacques, Les cahiers du naturaliste N°1, 2005.

Aljos Farjon, World checklist and bibliography of Conifers - 1ère édition (1998).

Christopher J. Earle, The Gymnosperm Database www.conifers.org.

Description détaillée

Avoisine les 25-30 m avec certains sujets autour de 40 m. Écorce gris-rosé, rugueuse qui se fissure en petites écailles. Port plutôt fastigié avec peu ou pas de branches dans le tiers inférieur et avec la cime plutôt arrondie au lieu de pointue. Les branches sont vigoureuses et perpendiculaires au tronc mais jamais très denses. Rameaux brun-jaune clair, brillants, glabres et profondément fissurés. Bourgeons ovales, arrondis au bout et résineux. Aiguilles habituellement denses et dirigées vers le haut ; les plus externes mesurent 20-30 mm de long alors que les autres sont plus courtes (15-20 mm). Elles sont vert-foncé dessus et argentées dessous au niveau des 2 bandes stomatales ; apex bifurqué mais parfois juste obtus. Cônes cylindriques de 7-10 cm de long sur (2,5) 3-4 cm de diamètre, pourpre foncé lorsqu'ils sont jeunes (mais aussi parfois verdâtres) puis brun-bleuté à maturité. Résineux. Écailles fines, en large éventail enfermant des bractées de moitié plus courtes qu'elles. Graines de 7-9 mm avec une aile plus ou moins rectangulaire.
Espèce regroupant ici divers taxons très proches et bien sûr admis par de nombreux auteurs comme des espèces à part entière mais qui, dans le cadre de cette étude et en réponse à l'application d'une procédure de classification, ne sauraient être considérées, au mieux que comme des sous-espèces puisque ayant des répartitions géographiques allopatriques.

Origine géographique : Origine géographique : les montagnes du centre du Japon. Cette espèce semble offrir une certaine tolérance à la pollution.

Jacques Urban, 2005.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 7-8

Taxons inférieurs : 2 sous-espèces acceptées à ce rang.

Abies homolepis subsp. kawakamii (Hayata) J. Urb. (2005).

Statut du taxon : accepté
Publication : Les cahiers du naturaliste N°1, 2005.

Synonymie : Abies mariesii var. kawakamii Hayata (1908) ; Abies kawakamii (Hayata) T. Itô. (1909)

Très difficile de différencier ce taxon (comme du reste le suivant) de homolepis. Bien sûr divers caractères végétatifs sont différents mais ils ne justifient pas le fait que ces taxons soient élevés au rang de l'espèce. Du reste, Hayata, l'auteur initial de la description avait fait de kawakamii une simple variété de mariesii. Compte tenu de son isolement géographique, je l'élève au rang de sous-espèce mais c'est vraiment le maximum taxinomique possible.

Arbre de 15-35 m avec un tronc qui peut atteindre 1 m de diamètre il a un port pyramidal et une écorce gris-brun s'écaillant en vieillissant. Rameaux d'abord brun-jaunâtre devenant gris-brun dès la deuxième année et profondément fissurés comme chez homolepis. Ils s'en distingue toutefois par une très forte pubescence qui peut parfois faire défaut. Bourgeons globuleux résineux comme chez homolepis (Krüssmann indique bizarrement le contraire). Aiguilles le plus souvent pectinées de 10 à 30 mm de long avec l'apex acuminé mais aussi parfois émarginé ou plus rarement arrondi. On le voit bien une fois de plus que ce caractère très variable ne peut pas être sérieusement pris en compte pour la différenciation des taxons. Les deux faces sont d'un vert-brillant et la face inférieure possède deux lignes stomatales peu visibles. Cônes subsessiles, cylindriques-ovales à oblongs-ovoïdes de 6-10 (12) cm de long sur 3-4 cm de diamètre, légèrement arrondi à l'apex. Ils sont pourpre-violacé-foncé. Bractées entièrement cachées par les écailles en forme de trapèze voire réniformes. Graines noirâtres de 7-9 mm et autant pour l'aile.

Origine : les montagnes de Taiwan entre 2400 et 3800 m.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 6

Abies homolepis subsp. mariesii (Hayata) J. Urb. (2005).

Statut du taxon : accepté
Publication : Les cahiers du naturaliste N°1, 2005.

Synonymie : Abies mariesii Mast. (1879) ; Abies mariesii f. hayachinensis Hayashi (1955).

Nommé en l'honneur de Charles Mariès qui le récolte au Japon en 1879. C'est un arbre qui atteint 20-25 m pour un diamètre du tronc de 60 cm. Écorce lisse gris-clair à très clair mais rugueuse et parfois fissurée à la base des vieux sujets. En tous cas elles ne s'écaille pas comme chez les taxons précédents. Branches solides plutôt dirigées vers le haut. Rameaux brun-roux densément pubescents comme chez kawakamii. Bourgeons globuleux et résineux. Aiguilles plus courtes que chez les autres taxons : (8) 10-20 (22) mm de long mais 2 mm de large. Elles sont pectinées et souvent tournées vers le haut et groupées en brosse, la partie la plus large étant vers l'apex. Ce dernier est arrondi ou échancré jusqu'à être même pointu (voir commentaire sur ce sujet à kawakamii). Elles sont vert-foncé et sillonnées sur la face supérieure mais celle-ci ne possède pas de ligne stomatales. En revanche, la face inférieure possède deux lignes stomatales blanchâtres comme dans le cas d'homolepis. Odeur de mandarine lorsqu'on les froisse à confirmer. Cônes cylindriques-elliptiques de 6-10 (15 ?) cm de long sur 4-5 cm de diamètre violet-pourpre lorsqu'ils sont jeunes et pourpre-foncé à maturité. Bien entendu, les bractées sont cachées par les écailles. Graines orange-foncé de 8-10 mm avec une aile brunâtre aussi longue.

Dans la classification phylétique (déjà) de Franco en 1950 il classe A. mariesii dans la section Momy de Mayr. dans la même série que A. homolepis et A. holophylla. En 1989, Farjon & Rushforth révisent la classification avec en partie l'appui des analyses moléculaires et redéfinissent la série Amabiles de Matsenko de 1968 en plaçant le taxon japonais mariesii avec le canadien amabilis ce qui permet de trouver une superbe explication scientifique dans la présence actuelle de ces 2 taxons à travers la Béringie qui remonterait entre 10 à 20 millions d'années et qui ô miracle ... se ressemblent toujours alors qu'entre temps les singes auraient évolués vers l'homme !

Origine : les montagnes centrales de Hondo (île principale du Japon) dans les montagnes qui s'étendent de Nagoya au Nord jusqu'à Aomori, à des altitudes de (750-)1000 à 2800 m, principalement sur des sols podzoliques issus de roches volcaniques ; climat frais et humide en été avec des précipitations annuelles d'environ 2000 mm.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 6