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Famille Pinaceae
Abies religiosa (Kunth) Schlecht. & Cham. (1830)
Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 08/2026).
Publication : Linnaea 5:77 (1830).
Synonymie : Pinus religiosa Kunth (1817) ; Pinus hirtella Kunth (1817) ; Abies hirtella (Kunth) Lindl. (1833) ; Picea hirtella (Kunth) Loudon (1838) ; Abies glaucescens Roezl (1857) ; Abies tlapalcatuda Roezl (1857) ; Abies religiosa var. hirtella Carr. (1867) ; Abies religiosa var. glaucescens Carr. (1867) ; Abies religiosa var. lindleyana Carr. (1867) ; Abies colimensis Rush. & Nav. (1989) ; Abies glauca Roezl ex Gordon (1862) ; Abies glaucescens Roezl (1857) ; Abies hirtella (Kunth) Mirb. (1825) ; Abies religiosa subsp. colimensis (Rushforth & Narave) Silba (2008) ; Abies religiosa var. colimensis (Rushforth & Narave) Silba (2000) ; Abies religiosa var. glaucescens Carrière (1867) ; Abies religiosa subsp. glaucescens (Roezl) Silba (2008) ; Abies religiosa var. perotensis Silba (2000) ; Abies religiosa subsp. perotensis (Silba) Silba (2008) ; Picea glaucescens (Roezl) Gordon & Glend. (1858) ; Picea hirtella (Kunth) Loudon (1838) ; Pinus hirtella Kunth (1817) ; Pinus religiosa var. minor Parl. (1868).
Noms vernaculaires : sapin religieux ; Engl. sacred fir.
Bibliographie : Krüssmann Gerd, Manual of cultivated conifers, 1985.
Collectif, The families and genera of vascular plants, Tome I, Edited by E. Kubitzki, 1990.
Urban Jacques, Les cahiers du naturaliste N°1, 2005.
Aljos Farjon, World checklist and bibliography of Conifers - 1ère édition (1998).
Christopher J. Earle, The Gymnosperm Database www.conifers.org.
Description détaillée
Arbre de 30-35 m de haut pour 2 m de diamètre, à écorce lisse gris-brun devenant rugueuse puis squameuse avec l'âge. Rameaux brun-rouge ou brun-pourpre, pubescents et sillonnés notamment la première année. Bourgeons très résineux et très odorants. Aiguilles de 25-35 mm de long sur 1,5 mm de large. Les aiguilles des extrémités des rameaux sont densément arrangées et courbées vers le haut alors que celles situées plus bas sont plus lâches et horizontales. Apex pointu mais variablement obtus ou arrondi et fréquemment fourchues sur les aiguilles inférieures. La face supérieure est vert-foncé brillant alors que l'inférieure porte deux bandes stomatales de 6-7 lignes de stomates. Cônes cylindriques à oblongs se rétrécissant vers l'apex et de 10-15 cm de long sur 5-6 cm de large, vert-bleu lorsqu'ils sont jeunes puis bruns à maturité. Écailles en forme d'éventail, de 30 mm de large et bractées nettement visibles et réfléchies
En culture il faudra se méfier de sa résistance au froid, notamment dans son jeune âge. Dans tous les cas ce taxon ne sera possible que dans les régions au climat doux. Par contre il semble tolérer assez bien le calcaire.
Origine géographique : depuis l'Ouest du Guatemala au Sud jusqu'au Nord du Mexique dans sa partie orientale (Sud Chihuahua, Sud Nuevo-León, l'Ouest de Tamaulipas) puis l'Est de Sinaloa et San Luis Potosi et de là une grande partie des États du Sud du Mexique mais pas au Centre dans les États de Guanajuato, Querétaro et Hidalgo. Il pousse en altitude et où ses branches étaient utilisées pour décorer les églises et les cimetières, origine de ses noms vernaculaires et scientifiques.
Jacques Urban, 2005.
Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 6
Notes : Voici quelques remarques tirées du site conifers.org cité en référence.
► Une étude morphologique détaillée menée par Strandby et al. (2009) fournit un argument solide en faveur du reclassement de A. guatemalensis, A. hickelii et *A. vejarii en tant que taxons infraspécifiques de A. religiosa. Cette étude morphologique entre en contradiction avec une étude moléculaire portant sur les sapins du sud du Mexique (Abies flinckii, A. guatemalensis, A. hickelii et A. religiosa), laquelle a révélé une faible diversité génétique au sein de leurs populations respectives, suggérant que chacune de ces espèces a subi un goulot d'étranglement génétique lors de son repli vers ses refuges interglaciaires actuels.
► Une étude moléculaire ultérieure, incluant les neuf espèces à l'exception d'A. jaliscana, a fortement étayé l'idée qu'A. concolor et A. guatemalensis forment un clade frère des sept autres espèces ; toutefois, les relations entre ces sept dernières variaient selon la méthode d'analyse (Xiang et al. 2024). Une autre étude, incluant cette fois A. jaliscana, indique qu'A. flinckii et A. jaliscana sont des espèces sœurs (Semerikova et al. 2018). Par ailleurs, tous ces taxons sont probablement capables de s'hybrider et, au fil des nombreux cycles glaciaires et interglaciaires du Pléistocène, beaucoup d'entre eux ont eu l'occasion de le faire.
Taxons inférieurs : deux sous-espèces acceptées à ce rang et 3 variétés référencées mais non validées dans cette étude et placées en synonymie car sans valeur taxinomique d'autant plus que Martinez a utilisé le même qualificatif (macrocarpa) pour les deux variétés de deux "espèces" différentes, ce qui ne facilite pas la nomenclature !
Compte tenu des notes ci-dessus je ne ferai que citer deux variétés tantôt versées sous religiosa, tantôt sous vejarii ou sous hickelii au gré de la fascination des botanistes à nommer toute population qui semble singulière quand elle n'est qu'une recombinaison de plus parmi les 7-9 espèces de sapins mexicains.
► vejarii var. macrocarpa : se distingue de vejarii uniquement par des cônes sensiblement plus grands 10-15 x 5-7 cm contre 6-12 x 4-6 cm.
► hickelii var. macrocarpa : se distingue de hickelii uniquement par des cônes sensiblement plus grands 9-12 x 5 cm contre 6-8 x 2,5-3,5 cm. Anciennes dénominations : Abies oaxacana Martínez (1949) et Abies hickelii var. oaxacana (Martínez) Farjon & Silba (1990).
► vejarii var. mexicana : population confinée au sud-est de l'état de Coahuila et à l'ouest de l'état de Nuevo León dans la Sierra Santa Catarina. Elle se distingue de vejarii par de menus détails dont ses aiguilles arrangées radialement un peu comme chez religiosa et des bractées cachées comme chez durangensis, la population voisine. Nomenclature officielle actuelle en 2026 : Abies vejarii var. mexicana (Martínez) Tang S.Liu (1972) la plus réaliste et la dernière, Abies religiosa subsp. mexicana (Martínez) Strandby, K.I.Chr. & M.Sørensen (2009) alors que le rang variétal devrait être le rang le plus élevé acceptable.
Abies religiosa subsp. hickelii (Flous & Gauss.) J. Urb. (2005)
Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 08/2026).
Publication : Les cahiers du naturaliste N°1, 2005.
Synonymie : Abies hickelii Flous & Gauss. (1932) ; Abies religiosa subsp. hickelii (Flous & Gaussen) Strandby, K.I.Chr. & M.Sørensen (2009) ; Abies oaxacana Martínez (1949) ; Abies hickelii var. oaxacana (Martínez) Farjon & Silba (1990) ; Abies hickelii subsp. oaxacana (Martínez) Silba (2008).
Noms vernaculaires : sapin d'Hickel ; Engl. Hickel's fir.
Taxon vraiment très ressemblant à religiosa avec le même port, le même type d'écorce, les mêmes rameaux devenant peut-être glabres plus rapidement que chez religiosa, et bien sûr le même biotope. La différence principale porte sur l'arrangement des aiguilles presque toujours sur deux rangs ou plus et étalées ; elles mesurent (12) 15-30 mm de long sur 1,5 mm de large et ont un apex aussi variable que chez religiosa mais le plus souvent émarginé. Cônes en moyenne plus petits, de 7-12 (15) cm de long sur 3-4 cm de diamètre, oblongs-cylindriques rétrécis légèrement au niveau de l'apex, bruns à maturité. Bractées dépassant à peine les écailles.
Origine géographique : les montagnes qui s'étendent sur la côte Pacifique du Mexique entre Guerrero et Oaxaca. En fait il est géographiquement intermédiaire de religiosa et de guatemalensis même si aujourd'hui religiosa atteint l'ouest du Guatemala. Pour ma part et au regard des descriptions de ces deux espèces je n'y vois rien de plus qu'une population métisse car guatemalensis se distingue de religiosa par des bractées cachées (juste visibles chez hickelii), par des aiguilles pectinées (hickelii manifeste un caractère intermédiaire) et par des cônes plus petits mais tout aussi rétrécis à l'apex auxquels ceux d'hickelii ressemblent. Pour être complet je rappelle que la variété jaliscana de guatemelensis subsp; flinckii ressemble à religiosa et a une répartition géographique curieuse.
Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 8-9
Abies religiosa subsp. vejarii (Martinez) J. Urb. (2005)
Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 08/2026).
Publication : Les cahiers du naturaliste N°1, 2005.
Synonymie : Abies vejarii Martinez (1942) ; Abies vejarii var. macrocarpa Martínez (1948) ; Abies vejarii subsp. macrocarpa (Martínez) Silba (2008).
Noms vernaculaires : sapin de Vejar ; Engl. Vejar fir.
Arbre de 30-40 m de haut et vraiment peu différent de religiosa. Les rameaux sont rapidement glabres comme chez hickelii ou gardent la pubescence dans les sillons. Les aiguilles sont irrégulièrement arrangées et ne mesurent que 15-20 mm de long comme chez hickelii. Elles sont variablement recourbées ou droites et parfois appliquées sur les rameaux vers leur base. Cônes plus globuleux puisqu'en moyenne de 8-10 cm de long sur 5 cm de diamètre, bien que certains auteurs rapportent des cônes de 15 cm ce dont je doute pour ce taxon. Ils sont pourpres puis brun-vert à maturité avec des bractées visibles réfléchies.
Origine géographique : aire très localisée puisque ne dépassant guère un millier d'hectares (sans doute moins) dans la Sierra Madre oriental dans l'est du Mexique, dans l'état de Tamaulipas. Inutile de dire une fois de plus que ce taxon n'est rien de plus qu'une population métisse de religiosa ou simplement l'expression de la variabilité génétique des taxons de la zone.
Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 7-8
Famille Pinaceae
Abies hidalgensis Debreczy, Racz & Guizar (1995)
Statut du taxon : accepté sous réserve car douteux au rang de l'espèce. - (Mise à jour : 08/2026).
Publication : Phytologia 78: 220 (1995).
Synonymie : aucune.
Noms vernaculaires : sapin d'Hidalgo ; Engl. Hidalgo fir.
Bibliographie : Collectif, The families and genera of vascular plants, Tome I, Edited by E. Kubitzki, 1990.
Urban Jacques, Les cahiers du naturaliste N°1, 2005.
Christopher J. Earle, The Gymnosperm Database www.conifers.org.
Description détaillée
Note sur conifers.org : "Farjon (2010) considère ce taxon comme étant peut-être une variété d'Abies hickelii car il s'agit des deux seuls sapins mexicains possédant plus de deux canaux résinifères (4 à 7 chez A. hidalgensis et 8 à 12 chez A. hickelii) ; toutefois, ce taxon n'a jamais été décrit à partir de spécimens provenant de l'État d'Hidalgo et il existe plusieurs différences entre les deux taxons." La description ci-après semble mélanger des caractères de religiosa et de hickelii. A remarquer que religiosa et hickelii sont absents d'Hidalgo et de toute cette partie centrale du Mexique occupée donc par une population sœur : hidalgensis.
Arbre à branches étalées et ascendantes mais les supérieures plutôt retombantes. Écorce lisse, gris clair, épaisse et se fissurant en grandes plaques irrégulières avec l'âge ; sous-écorce écarlate. Rameaux robustes, lisses, couverts d'une pubescence dense brun jaunâtre. Bourgeons petits, partiellement cachés par des feuilles courtes et incurvées, légèrement résineux, pourvus d’écailles triangulaires (jusqu'à 15). Aiguilles vert foncé brillant ou vert grisâtre mat, souples et flexibles ou épaisses et charnues pour celles exposées au soleil ; elles sont pectinées, brusquement raccourcies sur la face supérieure des rameaux, linéaires, légèrement courbées vers le bas ou vers l'avant ; elles mesurent (10) 30-50 (60) mm x 1,5 mm ; apex émarginé ; stomates clairsemés et principalement vers l'apex sur la face supérieure, ils sont disposés en deux larges bandes blanches séparées par une nervure médiane verte sur la face inférieure. Canaux résinifères au nombre de 2-5 (7), en position médiane.
Cônes mâles latéraux, de 10-12 mm sur un pédoncule de 3 mm. Cônes femelles latéraux, dressés, pédonculés (4-10 mm), cylindriques, de 6,5-8 x 3,5-4 cm, verts à maturité, à apex arrondi ou légèrement déprimé ; axe du cône étroitement conique. Écailles au nombre d'environ 130-170, en forme d'éventail, vert grisâtre, densément couvertes de poils blancs courts et appliqués ; bractées incluses de 5-8 mm, légèrement spatulées avec une aile arrondie et dentelée. Graine triangulaire étroite avec des amas de résine et un aile étroite d'un gris-jaune clair.
Origine géographique : La localité type se trouve dans un canyon escarpé de la Sierra Madre Oriental, à une altitude d'environ 2 000 à 2 300 m, dans une forêt humide.
Jacques Urban, 2026.
