Abies sibirica ; le sapin de Sibérie

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Famille Pinaceae

Abies sibirica Ledebour (1833)

Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 08/2026).
Publication : Fl. Altaic. 4: 202 (1833).
Synonymie : Pinus picea Pall. (1784) ; Abies pichta J. Forbes (1838) ; Pinus pichta (Fisch. ex Jacques) Loudon (1838) ; Pinus pichta (Fisch. ex Jacques) Fisch. ex Endl. (1847) ; Picea sibirica Gordon & Glend (1858) ; Abies krylovii Golub (1937).
Noms vernaculaires : sapin de Sibérie ; Engl. siberian fir.

Bibliographie : Krüssmann Gerd, Manual of cultivated conifers, 1985.

Collectif, The families and genera of vascular plants, Tome I, Edited by E. Kubitzki, 1990.

Urban Jacques, Les cahiers du naturaliste N°1, 2005.

Aljos Farjon, World checklist and bibliography of Conifers - 1ère édition (1998).

Christopher J. Earle, The Gymnosperm Database www.conifers.org.

Description détaillée

Atteint 30 à 35 m de haut pour un diamètre de 1 m. Écorce lisse gris-brun et jeunes rameaux gris-jaunâtres comme chez nephrolepis si on excepte qu'ils sont souvent un peu plus brillants et que l'écorce est plus résineuse. Bourgeons globuleux et résineux. Aiguilles en moyenne sensiblement plus longues que chez nephrolepis (25-40 mm) dirigées vers le haut et arrangées par groupes sur 2 rangs latéraux mais pas pectinées comme chez nephrolepis. La différence est subtile et il pas toujours facile à faire. Pour le reste, elles ont aussi 2 lignes stomatales argentées sur la face inférieure et un apex émarginé sauf sur les rameaux fructifères. Par contre elles sont aromatiques (à moins que nephrolepis le soit aussi mais d'une manière moins prononcée ce qui expliquerait l'absence d'information sur ce sujet). Cônes sessiles quasiment identiques dans la forme, de 5-8 cm (9,5 cm) de long sur 2,5-3,5 cm de diamètre. A maturité ils sont bleuâtres à bruns ou brun-foncé et les bractées sont entièrement cachées par les écailles qui sont davantage trapéziformes que chez nephrolepis ce qui explique pourquoi chez sibirica elles ne dépassent jamais. Les parties visibles des écailles sont aussi pubescentes. Graines de 7 mm à ailes bleuâtres de 10 mm de long en moyenne.

Dans la synonymie on trouve Abies nephrolepis f. chlorocarpa dont Abies x sibirico-nephrolepis est un synonyme : ce taxon est désormais reconnu comme un hybride de nephrolepis et sibirica mais comme j'avais inclus sibirica en sous-espèce de nephrolepis (ici je fais plus logiquement l'inverse) ce n'est plus un hybride mais un métis ; voici ce que j'écrivais en 2005 à propos de ce taxon : "Toutefois chez la population chlorocarpa décrite en 1918 en Corée, les jeunes cônes sont verts corroborant ainsi le caractère non spécifique de ce caractère sauf s'il s'agit d'une population métissée avec un autre taxon."

Origine géographique : Origine géographique : aire de répartition assez vaste puisque s'étirant du Kazakhstan à l'ouest au Kamtchatka à l'est pour la partie russe et jusqu'au nord-est du Xinjiang (Chine) et en Mongolie pour la partie méridionale. Il pousse le long des cours d'eau et dans les montagnes entre 1900 et 2400 m. Il a été généreusement introduit dans tous les pays scandinaves mais aussi en Islande et en Bielorussie et pourtant on ne parle pas dans ce cas d'une espèce envahissante puisque c'est économique.

Jacques Urban, 2005 révisé en 2026.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 5

Taxons inférieurs : 2 sous-espèces acceptées à ce rang.

Abies sibirica subsp. semenovi (B.Fedtsch.) Farjon (1990).

Statut du taxon : accepté sous réserve.
Publication : Pinaceae: 81 (1990).

Synonymie : Abies semenovii B. Fedtsch. (1898) ; Abies sibirica subsp. semenovi (B. Fedtsch.) Tang S. Liu (1971).

Population isolée endémiques des montagnes du Kirghizstan et qui se différencie de sibirica par des rameaux sillonnés, des canaux résinifères marginaux (médians chez nephrolepis et sibirica) et par des cônes brun-jaune portant des écailles plus larges. Historiquement, ce taxon, décrit par Fedtschebko comme une espèce à part entière puis fut relégué par Tang S. Liu en 1971 au rang de variété de sibirica. Farjon l'élève en 1990 au rang de sous-espèce ce qui peut se concevoir puisque la ségrégation avec sibirica est allopatrique. Les différences bien que relevant du rang variétal, l'isolement géographique compense le statut de sous-espèce car je ne crois pas qu'il ait aujourd'hui du métissage avec le type.

Abies sibirica subsp. nephrolepis (Ledebour) J. Urb. (2005).

Statut du taxon : accepté
Publication : ce site même si actuellement sans la valeur officielle d'une publication à laquelle je n'ai d'ailleurs pas accès !

Synonymie : Abies sibirica var. nephrolepis Trauv. ex Maxim. (1859) ; Abies veitchii var. nephrolepis (Trauv. ex Maxim.) Mast. (1880) ; Pinus nephrolepis (Trautv.) Voss (1907) ; Abies koreana f. prostrata Kolesn. (1938) ; Abies nephrolepis f. chlorocarpa E.H.Wilson (1920) ; Abies x sibirico-nephrolepis Taken. & J.J.Chien (1957) ; Abies yoneyamae Soto (1942).
Noms vernaculaires : sapin de Mandchourie, sapin du Liaoning ; Engl. mandchurian fir.

Arbre majestueux de 15-20 m (jusque vers 30 m pour 1,20 m de diamètre) à couronne dense et à écorce grise plutôt lisse ou portant des écailles longitudinales. Jeunes rameaux pubescents, brun pâle à jaunâtres devenant gris à gris-brun les années suivantes. Bourgeons globuleux brun-rouge et légèrement résineux. Aiguilles pectinées sur 2 rangées et orientées vers le haut. Elles mesurent en moyenne de 15 à 22 mm (35 mm) de long et sont nettement fourches sauf sur les rameaux fructifères ou principaux où elles sont pointues. La face inférieure compte 2 lignes de stomates blanchâtres alors que la supérieure est très fréquemment sillonnée. Cônes sessiles, ovoïdes à cylindriques de (4,5 cm) 6-8 cm (10 cm) de long sur 2-3 cm de diamètre avec un apex plutôt pointu. Ils sont pourpre-foncé ou brun-pourpre à maturité et plus clairs lorsqu'ils sont jeunes. Les écailles du milieu du cône sont principalement réniformes, les parties visibles étant densément pubescentes. Les bractées sont presque toujours cachées par les écailles même si parfois quelques unes dépassent et sont réfléchies. Graines de 8-12 mm de long dont la moitié pour l'aile brunâtre et mûres en octobre. En principe 4-5 cotylédons.

Dans la synonymie on trouve Abies nephrolepis f. chlorocarpa dont Abies x sibirico-nephrolepis est un synonyme : ce taxon présent dans la province chinoise du Heilongjiang est désormais reconnu comme un hybride de nephrolepis et sibirica mais comme j'avais inclus sibirica en sous-espèce de nephrolepis (j'aurais dû faire l'inverse !) ce n'est plus un hybride mais un métis et voici ce que j'écrivais en 2005 à propos de ce taxon : "Toutefois chez la population chlorocarpa décrite en 1918 en Corée, les jeunes cônes sont verts corroborant ainsi le caractère non spécifique de ce caractère sauf s'il s'agit d'une population métissée avec un autre taxon." Enfin Farjon l'inclut dans son ouvrage cité en référence dans la liste principale des espèces au lieu de l'ignorer puisqu'il n'a pas reporté les autres hybrides. C'est à mon avis une faute taxinomique dans sa liste de référence censée inventorier les populations non hybrides.

Origine : les montagnes du nord-est de la Chine (Shanxi, Hebei, Liaoning, Jilin et Heilongjang), la Corée et l'extrême est de la Russie entre 300 et 2100 m d'altitude.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 5