Betula : les bouleaux

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Famille Betulaceae

Genre Betula Linnaeus (1753)

Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 04/2026).
Publication : Sp. Pl. 2: 982. 1753.
Classification : Sous-famille des Betuloideae.
Synonymie : Betulaster Spach, 1841 ; Apterocaryon Opiz, 1855 ; Chamaebetula Opiz, 1855.
Liens taxinomiques : (en gras les genres valides) Alnus.
Noms vernaculaires : bouleau ; Engl. birch

Bibliographie : Krüssmann Gerd, Cultivated broad-leaved trees & shrubs, Vol. 1, 1984.

Collectif, Flowering Plants of the World, VH Heywood, 1979.

Collectif, Flowering Plants. Dicotyledons. Volume II, 1993, Edited by K. Kubitzki.

Collectif, Flora of China volume 4 Cycadaceae through Fagaceae, 1999.

Collectif, Flora of North America volume 3 Magnoliophyta: Magnoliidae and Hamamelidae, 1997.

Collectif, Mabberley's Plant-Book, 4rd edition 2017, Cambridge UP.

Iconographie

Urban Jacques : Bourgeons : 1. Betula ermanii, 2. Betula platyphylla, 3. Betula nigra ; Infrutescences : 4. Betula utilis var. jacquemontii, 5. Betula lenta.

Description détaillée

Introduction

Le genre Betula comprend actuellement 60 espèces mais ce chiffre génère des commentaires. En effet, la plupart des ouvrages cités en référence font état d'environ 35-40 espèces avec mention de 52 espèces retenues par Fontaine (Kubitzky) alors que la base de données de St Louis (USA) en référence 97 à ce rang, Flora of China 50-60 et Flora of North America, 35. Donc difficile d'y voir clair ! Ceci est en partie dû à la description récente (entre 2010 et 2014 puis plus récemment entre 2020 et 2026) de quelques taxons asiatiques (Chine, Asie centrale, Russie orientale). D'autre part le genre Betula a une forte propension à l'hybridation (voir liste ci-dessous) d'où une certaine difficulté à cerner réellement les espèces chez qui, dans ce type de taxon (arbres de régions tempérées à froides avec peu de variabilité structurelle), il est difficile d'envisager un nombre d'espèces aussi élevé, leur variabilité n'empêchant en rien leur hybridation donc les recombinaisons sont nombreuses comme par exemple dans le genre Eucalyptus. Il est divisé en 4 sections qui peuvent aussi bien être des sous-genres comme chez Alnus : là encore, aucune cohérence dans la nomenclature taxinomique puisque laissée au bon vouloir des auteurs ! Seule une étude approfondie pourra nous aider à cerner l'étendue exacte de ce genre bien que l'accès aux données descriptives et aux planches d'herbier ne sera pas tâche facile prouvant une fois de plus qu'en ce XXIe siècle la centralisation, au moins numérique, de ces données devrait être la règle afin d'en faciliter l'accès à tous !

Il est originaire des régions tempérées à froides de l'Hémisphère Nord avec une plus grande diversité en Asie. Ses milieux naturels de prédilection sont toujours des régions froides et des sols humides, berges de cours d'eau, de lacs, landes marécageuses et autres cuvettes fréquemment inondés. Toutefois, si les précipitations sont régulières ou que le sol garde assez bien l'eau en profondeur, beaucoup d'espèces des régions tempérées ou des régions steppiques tolèrent des sols occasionnellement plus secs ou drainés.

Caractères végétatifs

Arbres ou arbustes ou buissons souvent à troncs multiples dont certaines espèces peuvent atteindre 30 m. écorce variable en couleur et en texture, lisse ou parchemineuse ou rugueuse et craquelée à la base, blanche, jaune, rosé à brun foncé avec plus ou moins de lenticelles sombres et proéminentes. Bois blanc à brun-rouge dont la consistance varie de peu dense (léger) à dense avec une texture plus compacte donc un bois plus lourd. Toutes les ramifications sont nettement à 2 rangées opposées de part et d'autre du rameau de bourgeons alternes. Les feuilles sont alternes disposées aussi en 2 rangées parallèles. Bourgeons hivernaux différents de ceux du genre Alnus, sessiles, petits, pointus à l'apex ; ils sont couverts de plusieurs écailles étroitement imbriquées et parfaitement lisses (photos 1 à 3). Le système racinaire des bouleaux consistent en 5-6 racines principales horizontales (napiformes) sur quelques mètres, très ramifiées afin d'explorer le maigre volume de sol en surface des régions hostiles dans lesquelles ils vivent puis s'enfoncent plus profondément presque à angle droit pour bien ancrer l'arbre. Les bouleaux en bonne santé sont rarement déracinés par les vents violents. Pas de nodosités racinaires comme chez Alnus. Feuilles caduques essentiellement sur les rameaux courts de bout du bout des branches. Le limbe est ovale, elliptique, sub-orbiculaire ou deltoïde avec des bords serrulés ou doublement serrulés, parfois crénelés ou à fins lobes arrondis chez certaines espèces nordiques. Les surfaces sont glabres à tomenteuse avec parfois des glandes résineuses sur la face inférieure.

Caractères floraux

Ce qui distingue les bouleaux des aulnes c'est la structure de leurs inflorescences. Les inflorescences mâles (staminées) sont de longs chatons terminaux, disposés le plus souvent en grappe ou solitaires issus des fins rameaux de l'année antérieure et très souvent présents en hiver mais qui éclosent avec les feuilles au printemps. Ils sont pendants et cylindriques. Les fleurs mâles sont au nombre de 3 par écailles caduques elle-même étant le résultat de 3 bractées soudées et ont chacune (1) 2-3 (4) tépales écailleux (ou bractéoles) qui forme le calice avec un nombre identique d'étamines ; contrairement au genre Alnus, le filet se divise à la base pour porter 2 anthères. Les inflorescences femelles (pistillées) sont situées en amont des chatons mâles et sont principalement solitaires ; elles sont enfermées dans le bourgeon en hiver et éclosent aussi avec les feuilles. Elles sont sessiles, dressées sur le rameau, fermes, ovoïdes à ellipsoïdes ou cylindriques. Les fleurs femelles sont de 3 par écaille, chacune ayant un ovaire à 2 loges avec 2 styles linéaires ; les écailles (résultat de 3 bractées soudées) sont parchemineuses, caduques et à 3 lobes. L'infrutescence est dressée (photo 5) ou pendante (photo 4) dont les écailles à 3 lobes s'épaississent mais sont caduques et tombent avec les graines lorsque le chaton se délite ; elles ne sont pas ligneuses comme chez Alnus. Certains chatons fructifères persistent toutefois sur l'arbre une bonne partie de l'hiver. Les fruit sont des samares minuscules, aplaties, à 2 ailes latérales plus ou moins larges et membraneuses mais absentes chez quelques espèces.

Culture

Plusieurs espèces sont ornementales et cultivées régulièrement notamment pour leur écorce. Ce sont des essences à croissance souvent rapide qui demandent des sols frais à humides jusqu'à inondés. Par contre les bouleaux tolèrent bien les sols pauvres en matière organique ou plus ou moins asphyxiant comme les sols de landes ou de tourbière et s'ancrent très bien dans ces sols grâce à leur système racinaire particulier. Les bouleaux se multiplient le plus souvent à partir de semis de graines fraîches car leur pouvoir germinatif diminue assez vite et elles ne se conservent pas plus de 2-4 ans au réfrigérateur. Bouturage difficile. Semis d'hiver car la majorité des espèces demandent une période de froid variable selon les espèces. Germination au début du printemps ; les plantules sont fragiles et ont une croissance lente les deux premières années. Les taux de germination varient en fonction des espèces et de la fraîcheur des graines mais en général il est relativement faible. Certaines espèces sont sensible à la fonte des semis si ce dernier est pratiqué trop tard au printemps.

Le bois de bouleau n'est pas ce qu'on appelle un bois d'œuvre mais il est notamment employé pour la fabrication de contreplaqué, de skis ou de diverses fournitures secondaires en bois. La sève de bouleau (eau de bouleau) est consommée en cures de fin d'hiver comme minéralisant et revitalisant.

Jacques Urban, 2018.

Taxons inférieurs : 59 espèces acceptées à ce rang et 2 taxons douteux au rang de l'espèce. En italique, taxons synonymes ou controversés au rang de l'espèce (souvent considérés jusqu'ici comme des sous-espèces ou des variétés). Syn. = synonyme de suivi du nom du taxon.

Betula aculeata, taxon douteux
Betula alleghaniensis
Betula alnoides
Betula ashburneri
Betula baschkirica
Betula bomiensis
Betula buggsii, douteux à ce rang
Betula calcicola
Betula celtiberica
Betula chichibuensis
Betula chinensis
Betula cordifolia
Betula coriaceifolia
Betula corylifolia
Betula costata
Betula cylindrostachya
Betula dahurica
Betula delavayi
Betula divaricata, syn. Betula fruticosa
Betula duriuscula, taxon douteux
Betula ermanii
Betula falcata
Betula fargesii
Betula fruticosa
Betula glandulosa
Betula globispica
Betula gmelinii
Betula grossa
Betula gynoterminalis
Betula hainanensis
Betula honanensis
Betula humilis
Betula karagandensis
Betula klokovii
Betula kweichowensis
Betula lenta
Betula luminifera
Betula mcallisteri, douteux à ce rang
Betula maximowicziana
Betula medwediewii
Betula megrelica
Betula michauxii
Betula microphylla
Betula nana
Betula nigra
Betula occidentalis
Betula ovalifolia, syn. Betula fruticosa
Betula papyrifera
Betula pendula
Betula populifolia
Betula potamophila
Betula potanini
Betula psammophila
Betula pubescens
Betula pumila
Betula raddeana
Betula saksarensis
Betula saviczii
Betula schmidtii
Betula skvortsovii
Betula sunanensis
Betula tianschanica
Betula utilis
Betula wuyiensis
Betula zinserlingii

Hybrides naturels

Betula x aurata Borkh., Theor. Prakt. Handb. Forstbot. 1: 378 (1800) : B. pendula x B. pubescens
Betula x avatshensis Kom., Repert. Spec. Nov. Regni Veg. 13: 166 (1914) : B.ermanii x B. pendula subsp. mandshurica
Betula x bottnica Mela, Lyhk. Kasv., ed. 3: 314 (1895)
Betula x caerulea Blanch., Betula 1: 1 (1904) : B. cordifolia x B. populifolia
Betula x dosmannii McAll., Gen. Betula: 71 (2013) : B. ermanii x B. maximowicziana
Betula x dugleana Lepage, Naturaliste Canad. 103: 226 (1976) : B. glandulosa x B. pendula subsp. mandshurica
Betula x dutillyi Lepage, Naturaliste Canad. 79: 124 (1952) : B. glandulosa x B. x minor
Betula x eastwoodiae Sarg., Bot. Gaz. 67: 216 (1919) : B. glandulosa x B. occidentalis
Betula x heptopotamica V.N.Vassil., Novosti Sist. Vyssh. Rast. 7: 115 (1970 publ. 1971) : B. fruticosa x B. pubescens
Betula x hornei E.J.Butler, Bull. Torrey Bot. Club 36: 425 (1909) : B. papyrifera x B. nana
Betula x intermedia (Hartm.) E.Thomas ex Gaudin, Fl. Helv. 6: 176 (1830) : B. nana x B. pubescens
Betula x jackii C.K.Schneid., Ill. Handb. Laubholzk. 1: 102 (1904) : B. lenta x B. pumila
Betula x minor (Tuck.) Fernald, Rhodora 47: 306 (1945) : B. cordifolia x B. glandulosa
Betula x paramushirensis Barkalov, Bot. Zhurn. (Moscow & Leningrad) 69: 1685 (1984) : B. ermanii x B. pumila
Betula x plettkei Junge, Verh. Naturwiss. Vereins Hamburg, ser. 3, 13: 39 (1905) : B. nana x B. pendula
Betula x purpusii C.K.Schneid., Ill. Handb. Laubholzk. 1: 102 (1904) : B. alleghaniensis x B. pumila
Betula x raymundii Lepage, Naturaliste Canad. 84: 57 (1957) : B. populifolia x B. pumila
Betula x sandbergii Britton, Bull. Torrey Bot. Club 31: 166 (1904) : B. papyrifera x B. pumila
Betula x sargentii Dugle, Canad. J. Bot. 44: 961 (1966) : B. glandulosa x B. pumila
Betula x uliginosa Dugle, Canad. J. Bot. 44: 951 (1966) : B. pendula subsp. mandshurica x B. glandulosa
Betula x utahensis Britton, Bull. Torrey Bot. Club 31: 165 (1904) : B. occidentalis x B. papyrifera
Betula x vologdensis Tzvelev, Novosti Sist. Vyssh. Rast. 34: 70 (2002) : B. humilis x B. nana
Betula x winteri Dugle, Canad. J. Bot. 44: 986 (1966) B. pendula subsp. mandshurica x B. papyrifera
Betula x zabelii (Dippel) Dippel & Schelle, Beissner, Schelle & Zabel, Handb. Laubholzben.: 56 (1903) : B. humilis x B. pendula