Petrocoptis

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Famille Caryophyllaceae

Genre Petrocoptis A. Braun ex Endl. (1842).

Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 04/2026).
Publication : Gen. Pl. Secund. Ord. Nat., Suppl. 2: 78 (1842)
Synonymie : aucune.
Liens taxinomiques : (en gras les genres valides) Lychnis, Silene.
Noms vernaculaires : aucun.

Bibliographie : Collectif, Mabberley's Plant-Book, 4rd edition 2017, Cambridge UP.

J. M. Montserrat y Martí, Flora y vegetación de la Sierra de Guara, 1986

Collectif Flora y vegetación de la Sierra de Guara, 1986

Collectif Flora iberica II Platanaceae - Plumbaginaceae (partim) – Collectif, 1990

Collectif, The families and genera of vascular plants. Volume II, 1993, Edited by K. Kubitzki

L.Villar, J.A. Sesé, J.V. Ferrández, Flora del Pirineo Aragonès Vol. I - 1997.

Description détaillée

Le nom de Petrocoptis signifie "qui fend les rochers". Les 8 taxons qui composent ce genre sont tous endémiques des Pyrénées et des Monts Cantabriques en Espagne. D'ailleurs seulement une espèce pousse sur le versant français et nombre d'entre elles ont une aire très localisée. Toutes sont des vivaces herbacées à feuilles opposées, entières et sans stipules. Les fleurs sont disposées en cimes terminales dichotomiques et varient du blanc au pourpre. On note 5 pétales, 5 styles et 10 étamines. Les graines sont noires et réniformes. Elles sont une des bases de la distinction des espèces qui se divisent en 2 groupes, celui dont les graines sont lisses et brillantes et celui dont les graines sont rugueuses et mattes. Les graines sont munies de poils au niveau de la partie qui sert de cordon ombilical entre la graine et l'ovaire. Ils ont une fonction particulière liée à l'écologie rupicole de ces plantes.

En effet, ce plumeau de filaments s'hydrate très facilement et devient rapidement mucilagineux. Cela permet donc à la graine d'augmenter son adhésion à la roche et de procurer l'eau nécessaire à la radicelle pour lui permettre de trouver la fissure la plus proche et ainsi pénétrer dans la roche. L'adaptation à la vie rupicole ne s’arrête pas là puisque les fleurs fécondées, initialement ouvertes à l'opposé de la roche, se tournent vers celle-ci afin que lorsque les capsules seront mûres, le maximum de graines tombe sur celle-ci et non pas sur le sol. De même, en été lorsque le soleil est brulant, les capsules mûres sont recouvertes par les feuilles qui deviennent plus glauques pour assurer une meilleure protection. Dans les zones ombragées, la couleur varie en fonction de l'orientation. Floraison entre mai et juillet.

En fait, pour le profane toutes ces espèces se ressemblent énormément aussi la classification et donc la nomenclature varie très régulièrement en fonction des auteurs. Toutes poussent dans les anfractuosités des rochers, principalement calcaires et forment souvent d'importantes touffes voire de belles colonies. En général elles préfèrent les endroits ombragés ou au moins frais plutôt que les rocailles sèches. Leur culture est celle des plantes rupicoles des zones légèrement humides, à savoir un substrat très drainant mais un arrosage régulier et en tout cas sans longues périodes de sècheresse. La germination des graines intervient en quelques jours et a priori ne nécessite pas d'une période prolongée au froid.

Statut du taxon

Au niveau nomenclatural, Mayol et Rosselló; ont inclut en 1999 toutes les espèces dans le genre Silene comme du reste plusieurs espèces du genre Lychnis l'ont été par d'autres auteurs. Or le genre Silene est défini par une capsule avec 6-10 dents soit deux fois le nombre de styles de la fleur (3-5) alors que chez Lychnis et Petrocoptis ce nombre est identique : 5 dents et 5 styles. Donc je ne comprends pas pourquoi verser ce genre dans Silene quand la logique voudrait qu'il le soit dans Lychnis. Donc pour l'instant le genre Petrocoptis est conservé ici sur le fait qu'il se distingue nettement des deux autres par ses graines porteuses d'une arille développée et de Lychnis par une préfloraison imbriquée au lieu de retourné. Seule une étude plus complète permettra de dégager un statut définitif selon les règles de taxinomie des Cahiers du naturaliste. Vous trouverez la synonymie correspondante au niveau de chaque espèce. Pour des raisons de cohérence dans l'écriture des taxons et notamment celle des sous-espèces, il a fallu provisoirement modifier les noms d'auteurs bien qu'aucune publication papier n'ait pu avoir lieu comme c'est l'usage et ce, malgré les outils informatiques qui permettraient, via un centre officiel de taxinomie, gestionnaire et modérateur des modifications, d'afficher en temps réel des commentaires puis le statut définitif. En effet, c'est dommage que la taxinomie ne soit pas laissée à des taxinomistes au lieu que chaque auteur valident ses propres modifications par une simple publication à laquelle il est quasi impossible d'avoir accès. Une centralisation des données s'impose depuis des années et pourtant ...

Commentaires sur le contour des espèces

Comme dans beaucoup de cas en botanique, le pointillisme reste la règle dans le genre Petrocoptis. En 2026, la base de Kew proposait 11 espèces alors que le WPO Plant List suivait Flora Iberica paru en 1990 avec 9 espèces. La différence des 2 taxons porte sur le rang spécifique accordé à P. glaucifolia et P. wiedmannii à ma plus grande surprise eu égard aux références historique de leur nomenclature comme si nos prédécesseurs et les rédacteurs de Flora Iberica n'avaient aucune notion de taxinomie ou se trompaient. Je m'explique : Flora Iberica classe P. glaucifolia en sous-espèce de P. pyrenaica comme accepté ici avec en synonymie P. wiedmannii ; compte tenu de ce qui va suivre, je me demande sur quels caractères Kew sépare donc ces deux taxons au point d'en faire des espèces ?

Examinons en détail les critères déterminant les taxons au rang de l'espèce à partir de la clé de détermination de Flora Iberica. Pour pyrenaica (qui inclut en sous-espèces glaucifolia et viscosa), grandiflora, hispanica et pseudoviscosa, il s'agit de la recombinaison de 2 caractères : graines de plus ou moins 1 mm de diamètre et présence ou non d'une rosette de feuilles. Selon l'ordre de priorité de ces 2 caractères on obtient une nomenclature différente du genre P. glaucifolia subsp. pseudoviscosa, les 2 taxons ne formant pas des rosettes et n'ayant pas la même taille de graines donc séparation en 2 espèces distinctes ou P. pyrenaica subsp. pseudoviscosa qui forment des rosettes mais n'ont pas la même taille de graines donc 2 espèces quand même. Or il s'agit de caractères très secondaires qui ne présagent pas une séparation génétique isolant les espèces mais l'expression de la variabilité génétiques naturelles isolée par le fait que les populations sont rupicoles et très localisées. Pour moi, au niveau taxinomique, cela les différences doivent être exprimées par le rang de la variété ou au pire par la sous-espèce. Dans le deuxième groupe, c'est à peu près le même cas de figure avec cette fois des graines dont le strophiole (sorte d'excroissance au niveau du hile sur une graine) est plus ou moins gros et porte des poils soit claviformes soit filiformes plus ou moins épais, alternative combinée avec des feuilles caulinaires plus larges que les feuilles de la base ou non.

Si on doit élever au rang d'espèces tous les taxons qui se distinguent par des détails anatomiques aussi insignifiants il va falloir créer un très grand nombre d'espèces et peut-être alors commencer par ... Homo sapiens lui-même ! Absurde non ! Dans cette folie botaniste quelle est la place de la variabilité de l'Espèce ? Et que dire de son intégrité génétique qui fait que tout hybride est stérile car s'il ne l'est pas cela s'appelle un métis qui prouve que les deux parents sont de la même espèce. Or il suffit de regarder la répartition du genre Petrocoptis à l'échelle de la planète : à l'exception du versant nord des Pyrénées (donc en France) qui abrite une seule espèce, tous les taxons sont originaires des Sierras du Nord de l'Espagne avec une forte concentration dans le Haut Aragon (7 taxons) ; seul P. grandiflora dans le Nord-ouest (León et Orense) est significativement isolé, P. pardoi (type) du Sud de l'Aragon et de la Catalogne l'étant relativement moins à l'échelle des populations surtout que des sous-espèces sont présentes dans le Haut Aragon.

Clé des espèces proposée par J. Urban

1. Graines lisses et brillantes. Arille composé de poils cylindriques : Sous-genre Petrocoptis

2. Graines de moins de 1 mm de diamètre.
3. Calice de moins de 10 mm : pyrenaica
3. Calice de plus de 10 mm : grandiflora
2. Graines de plus de 1 mm de diamètre.
Plantes dont les feuilles ne sont pas disposées en rosette : pyrenaica subsp. pseudoviscosa

1. Graines rugueuses et mates. Arille composé de poils claviformes ou filiformes ou les 2 : Sous-genre Crassifolia.

2. Arille de moins d'un tiers de la graine avec des poils claviformes.
3. Feuilles basales dont le limbe se retrécie en un pétiole large. Calice de 11-13 mm : montserratii subsp. crassifolia
3. Feuilles basales dont le limbe se retrécie en un pétiole mal défini. Calice de 8-9 mm : montserratii
2. Arille de plus d'un tiers de la graine avec des poils filiformes ou graduellement élargis ou les 2 en mélange.
3. Feuilles caulinaires plus étroites que celles des tiges basale : pardoi
3. Feuilles caulinaires plus larges que celles des tiges basale : pardoi subsp. guarensis

Jacques Urban, 2012 et 2026.

Taxons inférieurs : 4 espèces acceptées à ce rang les autres étant considérés ici comme des sous-espèces ou des synonymes. En italique, taxons synonymes ou controversés au rang de l'espèce (souvent considérés jusqu'ici comme des sous-espèces ou des variétés). Syn. = synonyme de suivi du nom du taxon.

Petrocoptis crassifolia, voir P. montserratii
Petrocoptis grandiflora
Petrocoptis glaucifolia, voir P. pyrenaica
Petrocoptis guarensis voir P. pardoi
Petrocoptis hispanica voir P. pyrenaica
Petrocoptis montsicciana voir P. pardoi
Petrocoptis montserratii
Petrocoptis pardoi
Petrocoptis pseudoviscosa voir P. pyrenaica
Petrocoptis pyrenaica
Petrocoptis wiedmannii voir P. pyrenaica