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Famille Cupressaceae
Genre Cupressus Linnaeus (1753)
Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 03/2026).
Publication : Sp. Pl.: 1002 (1753).
Synonymes : Hesperocyparis Bartel & R.A.Price (2009) ; Platycyparis A.V.Bobrov & Melikyan (2006) ; Thassilicyparis A.V.Bobrov & Melikyan (2006).
Liens taxinomiques : (en gras les genres valides) Chamaecyparis, Hesperocyparis, Xanthocyparis.
Noms vernaculaires : Cyprès.
Bibliographie : Krüssmann Gerd, Manual of cultivated conifers, 1985.
Collectif, The families and genera of vascular plants. Volume I, 1990, Edited by K. Kubitzki
Collectif, Flora of North America volume 2 Pteridophytes and Gymnosperms, 1993.
Aljos Farjon, World checklist and bibliography of Conifers - 1ère édition (1998).
Collectif, Flora of China volume 4 Cycadaceae through Fagaceae, 1999.
Collectif, Mabberley's Plant-Book, 4rd edition 2017, Cambridge UP.
Description
Introduction
Les 19 espèces du genre Cupressus sont originaires des régions méditerranéennes jusque dans l'Himalaya et en Chine mais aussi dans le Sud-ouest des USA jusqu'en Honduras ; ce sont les cyprès vrais de l'Hémisphère Nord. Leur écologie est principalement concentrée dans les régions côtières des zones humides tempérées aux régions de montagnes et aux zones arides voire désertiques notamment en Amérique. Certains auteurs classent les espèces américaines dans un genre à part, Hesperocyparis, choix non accepté dans la majorité des publications.
Caractéristiques
Ce sont essentiellement des arbres et plus rarement des buissons à feuillage persistant. Les rameaux sont le plus souvent ascendants et rarement pendants ; ils sont décussés c'est-à-dire opposés et chaque paire implantée à 90° de la précédente. Ils sont térètes (de section circulaire mais fine) ou à 4 angles en coupe transversale. Les feuilles sont réduites à des écailles également arrangées en paires décussées qui se chevauchent quasiment. Les écailles juvéniles sont le plus souvent écartées de l'axe et piquantes alors que les écailles adultes sont proches de l'axe et émoussées. Les écailles sont homogènes sur la longueur d'un même rameau c'est-à-dire que ce dernier n'a pas d'écailles juvéniles et des écailles adultes sur une même longueur. Glandes résinifères présentes sur la face supérieure (abaxiale).
Toutes les espèces sont monoïques. Les cônes mâles sont solitaires et terminaux, ovoïdes à oblongs et portent de 6 à 16 microsporophylles ayant chacun 2 à 6 sacs polliniques. Les cônes femelles sont également terminaux et solitaires. Ils sont globuleux à subglobuleux et possèdent environ 8 écailles fertiles, peltées et ligneuses, épaisses, chacune abritant de 3 à 20 graines. Le cône est mûr la seconde année et est déhiscent. Les graines sont plus ou moins plates et possèdent une aile étroite qui leur donne un aspect comme embouti. En général elles se conservent plusieurs années dans des bonnes conditions, au sec et au froid d'un réfrigérateur. Germination en quelques semaines, cotylédons au nombre de 2 à 5.
La majorité des espèces est ou a été abondamment utilisée pour le bois : construction des sarcophages par les égyptiens ou de l'arche de Noé selon la Bible (bois de gopher) car le bois reste longtemps imputrécible mais aussi confection de statues chez les grecs. Leurs huiles essentielles est parfois utilisées en cosmétique et l'aromatisation de savons. Mais l'utilisation actuelle la plus fréquente est l'ornement des parcs et jardins après que le cyprès méditerranéen ait été abondamment planté dans les cimetières occidentaux. Plusieurs espèces sont utilisées comme brise-vent (Cupressus sempervirens dans sa forme fastigiée ou Cupressus arizonica) ou pour leur silhouette et la beauté de certain feuillage (Cupressus cashmeriana par exemple).
Classification
Depuis le début du XXIe siècle, les remaniements nomenclaturaux au sein du genre ont été très abondants et il n'est pas toujours facile de s'y retrouver car ceux-ci sont basés sur les analyses moléculaires chères aux phylogénéticiens dans leur souci de classer génétiquement les taxons mais qui échappent totalement aux botanistes qui les déterminent physiquement et les classent dans la cohérence des caractères retenus dans l'ensemble de la flore. Par exemple, les familles et les genres chez les conifères sont essentiellement définies par les cônes femelles donc introduire des divergences moléculaires pour base de la classification rompt l'unité de cette classification. De plus, l'expérience passée sur les Cupressaceae a montré que les données d'ADN mesurées ne sont que des estimations partielles des relations génétiques réelles. Par conséquent, l'interprétation des relations entre les genres au sein de la famille et des relations entre les espèces de chaque genre change continuellement à mesure que de nouvelles données ADN deviennent disponibles. C'est exactement ce que je dénonçais en 2005 dans la premier Cahier du naturaliste, préférant rester sur une classification et une nomenclature basées sur l'observation des caractères phénotypiques accessible à tous.
Donc le genre Cupressus a fait l'objet de modifications que nous ne retenons pas ici, à savoir la création de plusieurs genres indépendants qui exacerbent le pointillisme taxinomique. En 2002 Farjon et associés décrivent une nouvelle espèce versée dans un nouveau genre : Xanthocyparis vietnamensis. Dans la foulée ils y versent Cupressus nootkatensis (Xanthocyparis nootkatensis) que Farjon inclut en 1998 dans le genre Chamaecyparis dans son ouvrage cité en référence. En 2006 Little, sur des détails moléculaires extrait toutes les espèces du Nouveau Monde pour les mettre dans le genre Callitropsis qui était l'ancien nom de C. nootkatensis qui, nomenclaturalement parlant voyagent beaucoup ! En 2009 Chamaecyparis nootkatensis retourne dans le genre Callitropsis et Bartel déplace tous les taxons américains dans un nouveau genre : Hesperocyparis. De son côté, de Laubenfels fait la même chose, la même année et crée le genre Neocupressus pour les taxons américains. Enfin en 2010, Mao et associés, à partir d'autres études moléculaires, conservent l'intégralité du genre Cupressus et le divisent en 4 sections bien qu'aucun caractère morphologique ne permet une ségrégation entre les espèces du Nouveau et de l'Ancien Monde :
1. Section Cupressus : les espèces de l'Ancien Monde
2. Section Hesperocyparis : les espèces du Nouveau Monde
3. Section Callitropsis avec C. nootkatensis
4. Section Xanthocyparis avec C. vietnamensis
Je passe outre toutes les étapes d'analyses chimiques et génétiques dignes d'un acharnement idéologique à vouloir multiplier les taxons au niveau du genre et de l'espèce pour conclure avec cet exemple qu'on voit bien que corréler la taxinomie aux hypothèses phylogénétiques conduira toujours à des remaniements instables qui n'apportent aucune clarté à la connaissance réelle des plantes avec une argumentation en apparence scientifique bien que basée sur du spéculatif. Pour preuve cette affirmation extraite d'un commentaire sur l'étude du genre Callitropsis : "L’âge de Callitropsis nootkatensis n’est pas connu ; diverses études sur l’horloge moléculaire chez les Cupressaceae ont trouvé des âges d’espèces allant de moins d’un million d’années à environ 40 millions d’années. Le scénario le plus probable, cependant, est que C. nootkatensis est le seul survivant d’une série auparavant plus étendue d’espèces de Callitropsis (www.conifers.org - Genre Callotropis)." Outre des espèces restées inchangées pendant 40 millions d'années quand d'autres "évoluaient" aux conditions climatiques qui ont forcément fluctué, où sont les restes fossiles qui témoigneraient de cette prétendue radiation des genres et des espèces, ici des Cupressaceae) quand les fossiles des rangs supérieurs de l'apparition et de la radiation des gymnospermes aux familles sont tout aussi absents des radars ? Pour rappel : "En génétique, l'horloge moléculaire est une hypothèse selon laquelle les mutations génétiques s'accumulent dans un génome à une vitesse constante. Tout le monde s'engouffre dans ce genre de spéculations sans jamais remettre en cause l'hypothèse de départ qui ne peut jamais être vérifiée. Bref tout est toujours fondé sur des hypothèses mais une somme d'hypothèses n'a jamais fait une vérité sans oublier que la paléontologie n'est pas une science exacte mais d'interprétation !
Si on appliquait le même pointillisme au reste du vivant nous n'aurions que des genres monospécifiques ou composés d'espèces qui n d'autres temps ne seraient que des sous-espèces ! Ainsi, élever ces sections au rang du genre se heurte au phénomène de l'hybridation. Il existe très peu de cas connus ou suspectés d'hybridation naturelle dans le genre Cupressus, les seuls étant supposés entre quelques espèces sympatriques américaines à l'exception des hybrides naturels entre Cupressus nootkatensis et diverses espèces du genre comme C. macrocarpa, C. arizonica var. glabra ou C. lusitanica. Avec un statut générique ces hybrides deviennent des hybrides inter-génériques qui sont d'ailleurs classés dans un genre créé spécialement pour eux, le genre X Cupressocyparis dont le plus commun est X Cupressocyparis leylandii, un hybride d'origine horticole obtenu naturellement. En fait, il en était ainsi parce que Cupressus nootkatensis était justement classé dans le genre Chamaecyparis, genre vraiment très proche de Cupressus.
Or, puisque désormais ce taxon est classé dans le genre Cupressus, il faut aussi revoir la nomenclature de ces hybrides, ce que nous faisons ici en les incluant dans le genre Cupressus comme l'a corrigé Silba en 2006 en rappelant aussi que x leylandii a été initialement nommé dans le genre Cupressus par Jackson et Dallimore en 1926 et maintenu ici par anticipation. Ce n'est pas tout, il existe aussi un hybride horticole inter-générique du fait du maintien du genre Chamaecyparis : X Cupressocyparis 'Stapehill Hybrid' issu du croisement entre Cupressus macrocarpa et Chamaecyparis lawsoniana. Ce constat devrait interpeler les adeptes de la nomenclature phylogénétique et verser une fois pour toute le genre Chamaecyparis dans le genre Cupressus en le plaçant au même rang que les autres, celui de la section car, un hybride inter-générique déjà improbable sur le plan naturel qui se multiplie de graines et produit des dizaines de cultivars, témoins de la diversité des recombinaisons génétiques, n'est plus, par définition, un hybride mais un métis, preuve de la proximité génétique de toutes les espèces de ce genre sans avoir recours à toutes ces recherches couteuses sur le génome, juste pour donner de l'importance à une théorie. L'observation et le bon sens coûtent moins cher et produisent les mêmes résultats surtout quand ceux-ci ne sont pas "vitaux" pour l'humanité ! Faudrait quand même relativiser et hiérarchiser les recherches ! En définitive, dans cette étude, les sections précédentes sont plutôt élevées au rang de sous-genres, meilleur compromis pour la cohérence des pratiques générales de la classification plutôt que le rang de genre :
1. Sous-genre Cupressus : les espèces de l'Ancien Monde
2. Sous-genre Hesperocyparis : les espèces du Nouveau Monde
3. Sous-genre Callitropsis avec C. nootkatensis
4. Sous-genre Xanthocyparis avec X. vietnamensis et une "nouvelle espèce" X. guanxiensis
Jacques Urban, 2020, révisé 2026.
Taxons inférieurs : 19 espèces acceptées ici à ce rang. En italique, taxons controversés au rang de l'espèce (souvent considérés jusqu'ici comme des sous-espèces ou des variétés, rang également plus vraisemblable pour beaucoup des nouveaux taxons décrits récemment, notés douteux à ce rang) ; syn. = synonyme de suivi du nom du taxon.
| Cupressus abramsiana : voir C. goveniana Cupressus arizonica Cupressus aromatica, syn. C. goveniana Cupressus assamica, syn. C. cashmeriana Cupressus atlantica Cupressus austrotibetica : voir C. duclouxiana Cupressus bakeri Cupressus benthamii, syn. C. lusitanica Cupressus cashmeriana Cupressus chengiana Cupressus corneyana : éteint dans la nature (?) Cupressus darjeelingensis, syn. C. cashmeriana Cupressus duclouxiana Cupressus dupreziana Cupressus fallax : voir C. chengiana Cupressus forbesii : voir C. guadalupensis |
Cupressus funebris Cupressus gansuensis : douteux à ce rang Cupressus gigantea, syn. C. majestica Cupressus glabra : voir C. arizonica Cupressus glandulosa, syn. C. macnabiana Cupressus glauca, syn. C. lusitanica Cupressus goveniana Cupressus guadalupensis Cupressus guangxiensis : douteux à ce rang Cupressus hartwegii, syn. C. macrocarpa Cupressus lambertiana, syn. C. macrocarpa Cupressus lindleyi, syn. C. lusitanica Cupressus lusitanica Cupressus macnabiana Cupressus majestica Cupressus macrocarpa |
Cupressus mexicana, syn. C. lusitanica Cupressus montana : voir C. arizonica Cupressus nepalensis, syn. C. torulosa Cupressus nevadensis : voir C. arizonica Cupressus nootkatensis Cupressus pygmaea : voir C. goveniana Cupressus revealiana : voir C. arizonica Cupressus rushforthii : voir duclouxiana Cupressus sargentii Cupressus sempervirens Cupressus stephensonii : voir C. arizonica Cupressus tongmaiensis, syn. C. torulosa Cupressus tonkinensis : voir C. torulosa Cupressus torulosa Cupressus tournefortii, syn. C. torulosa Cupressus vietnamensis |
