Biancaea decapetala : la liane myssore

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Famille Fabaceae

Biancaea decapetala (Roth) O.Deg. (1936).

Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 06/2026).
Publication : Fl. Hawaiiensis: K7 (1936).
Synonymie : Biancaea scandens Tod. (1860) ; Biancaea sepiaria (Roxb.) Todaro (1875) ; Biancaea ferox (Hassk.) Tod. (1875) ; Biancaea sepiaria (Roxb.) Todaro (1876) ; Caesalpinia benguetensis Elmer (1907) ; Caesalpinia crista auct. non L. (1753) ; Caesalpinia ferox Hassk. (1841) ; Caesalpinia japonica Siebold & Zucc. (1845) ; Caesalpinia sepiaria Roxb. (1832) ; Caesalpinia horrida A.Rich. (1845) nom. illeg. ; Caesalpinia decapetala (Roth) Alston (1931) ; Mezoneuron benguetense Elmer (1908) ; Reichardia decapetala Roth (1821) ; Reichardia decapetala Wight ex Steud. (1841) ; Caesalpinia decapetala var. japonica (Siebold & Zucc.) H.Ohashi (1975).
Nom vernaculaire : liane myssore, cassie ; Engl. mysore thorn.
Bibliographie : Gerd Krüssmann, Manuel of cultivated broad-leaved trees & shrubs Volume I, 1984

Don Ellison, Cultivated plants of the World - 1995.

Collectif, Flora of China volume 10, Fabaceae, 2010

Iconographie

Urban Jacques : 1. aire estimée de répartition naturelle (ne représente pas les zones où l'espèce a été introduite, voir le texte) ; 2. et 3. plante en fleurs ; 4. inflorescence ; 5. graines.

Description détaillée

Plante grimpante munie de nombreuses épines sur le tronc et tout le long des branches. Écorce grisâtre teinté de brun-rouge en sous couche. La face inférieure du rachis des feuilles et les pédoncules des inflorescences portent des épines pubescentes recourbées en crochet particulièrement efficaces pour s'accrocher sur n'importe quel support. Feuilles bipennées de 20-30 cm composées de 3 à 10 paires opposées de pennes, chacun portant de 8 à 12 paires de folioles. Celles-ci sont oblongues, membraneuses et pubérulentes sur les deux faces, de 1-2,5 cm X 6-12 mm avec des piquants en paires à la base mais deviennent glabres en vieillissant. Stipules obliquement ovales, apex acuminé, les deux extrémités arrondies obtuses.

Les inflorescences sont des grappes (ou racèmes) terminales, dressées, de 15-30 cm de long et à nombreuses fleurs abondantes ; rachis et pédicelles parsemés d'épines en crochet. Pédicelles de 3-4 cm, poilus, articulés à l'apex pour que les fleurs tombent facilement. La fleur est constituée de 5 sépales oblongs, pubérulents et de 5 pétales orbiculaires ou obovales, jaunes, de 10-12 mm, membraneux et réfléchis lors de la floraison (à l'anthèse) ; base brièvement griffée. Étamines de longueur inférieure aux pétales et filaments comprimés à la base. Ovaire glabre. La gousse est brun châtain, brillante, oblongue, en forme de barque à l'ouverture, de 6-12 X 2,5-3 cm, assez coriace et glabre ; elle s'épaissit en une aile étroite le long de la suture ventrale à maturité et son apex se prolonge en un bec pointu. Elle contient de (4) 6-9 graines brunes, elliptiques-épaisses d'environ 11 X 6 mm. Floraison vraiment spectaculaire en avril-mai (juin) qui dure 3-6 semaines et fructification automnale (octobre-novembre). Environ 30-32 graines pour 10 g.

Culture

pour une culture ornementale, il faudra installer la plante dans un endroit éloigné des activités quotidiennes car ses aiguillons sont vraiment agressifs notamment chez les jeunes plantes qui restent à hauteur d'homme. Les branches grimpent rapidement dans la végétation environnante et il est alors facile de supprimer les branches basses gênantes. Elle est donc à déconseiller dans un petit jardin sauf à la rabattre tous les ans comme on le fait pour une glycine taillée en arbuste. Par contre son feuillage et surtout sa floraison offre un beau spectacle d'essence tropicale avec une très bonne résistance au froid, au-delà de -12°C sur une courte période d'où le choix ici de mentionner la zone 7 (-16 à 12°C) puisqu'elle repart souvent des racines.

Origine géographique : espèce assez largement répandue en Asie depuis l'Inde et le Sri Lanka, le Pakistan et l'Himalaya jusqu'au Japon et une partie de la Péninsule de Corée à travers la Chine tempérée et toute l'Asie du Sud-est (Thaïlande, Myanmar, Laos, Vietnam, Malaisie sauf au Cambodge) mais dans une grande partie des îles de la Sonde (sauf Bornéo), aux Philippines et au Sulawezi (ex Célèbes). Kew la cite comme aussi native du Yémen ce qui m'étonne car sa pluviométrie me semble insuffisante et ses forêts peu importantes d'où quelques points notés sur la carte là où il semble y avoir quelques forêts.
On la trouve essentiellement sur les pentes des montagnes, les ravins, les plaines, les collines, au bord des rivières, du niveau de la mer jusque vers 1800 m d'altitude. En Chine elle est présente dans les provinces suivantes : Anhui, Fujian, Gansu, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hainan, Hebei, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Shaanxi, Sichuan, Taïwan, Yunnan, Zhejiang. C'est une espèce à croissance rapide qui a tendance à drageonner et donc à s'étendre sur de grandes surfaces. Elle a à peu près la même vigueur et le même comportement que la glycine et peut devenir envahissante dans les régions à climat doux si on la laisse prospérer. Cette espèce a été introduite dans divers pays ou îles où elle est parfois très envahissante notamment dans les zones tropicales ou tempérées chaudes : Fidji, Polynésie, Hawaï, Nouvelle Calédonie, Iles Norfolk, Australie, Corée, Indonésie, Ile Maurice, Ile de la Réunion, Rodrigues, Madagascar, Kenya et Afrique du Sud voire d'autres pays africains.

Jacques Urban, 2026.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante (selon les pays)
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 7