Abies pinsapo : le sapin d'Espagne

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Famille Pinaceae

Abies pinsapo Boiss. (1838)

Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 08/2026).
Publication : Not. Abies pinsapo: 8 (1838).
Synonymie : Abies hispanica Chambray (1845), nom. illeg. superfl. ; Abies pinsapo subsp. euhispanica Maire (1930), not validly publ. ; Abies pinsapo subsp. eupinsapo Maire (1930), not validly publ. ; Abies pinsapo subsp. hispanica (1952), not validly publ. ; Abies pinsapo var. hispanica Christ (1865), not validly publ. ; Picea pinsapo (Boiss.) Loudon (1842) ; Pinus pinsapo (Boiss.) Steud. (1841) ; Abies pinsapo f. argentea (J.Nelson) Rehder (1949) ; Abies pinsapo var. argentea (J.Nelson) Beissn. (1891) ; Abies pinsapo f. glauca (Carrière) Beissn. (1887) ; Abies pinsapo var. glauca Carrière (1867) ; Abies pinsapo var. pendula (Beissn.) C.K.Schneid. (1913) ; Abies pinsapo f. pendula Beissn. (1891) ; Picea pinsapo var. argentea J.Nelson (1866) ; Picea pinsapo var. glauca (Carrière) Gordon (1875) ; Picea pinsapo var. variegata Gordon & Glend. (1858) ; Pinus pinsapo f. argentea (J.Nelson) Voss (1913) ; Pinus pinsapo f. glauca (Carrière) Voss (1913) ; Pinus sapo d'Ounous (1861).
Noms vernaculaires : sapin d'Espagne ; Engl. spanish fir.

Bibliographie : Krüssmann Gerd, Manual of cultivated conifers, 1985.

Collectif, The families and genera of vascular plants, Tome I, Edited by E. Kubitzki, 1990.

Collectif Flora iberica I Lycopodiaceae – Papaveraceae , 1990.

Urban Jacques, Les cahiers du naturaliste N°1, 2005.

Aljos Farjon, World checklist and bibliography of Conifers - 1ère édition (1998).

Christopher J. Earle, The Gymnosperm Database www.conifers.org.

Iconographie :
Urban Jacques : 2. cône type ; 3. cône numidica
Anonyme (site fermé) : 1. cônes type.

Description détaillée

Arbre de 20-30 m à port pyramidal large et dense un peu comme chez nordmanniana ; tronc de 1 m de diamètre. Écorce grise à gris-rosé, lisse sur les sujets jeune puis rugueuse en vieillissant et se fissurant par plaque. Branches verticillées. Jeunes rameaux glabres brun-rouge ou marron et bourgeons ovales obtus et très résineux à écailles brun-rouge, triangulaires, carénées et libres à l'apex. Aiguilles implantées en spirale sur les rameaux, s'étalant radialement et perpendiculairement au rameau mais les aiguilles non exposées au soleil sont quelque peu pectinées bien que nettement moins que chez la plupart des sapins. Elles sont coriaces, épaisses et denses, de 8-15 mm de long en moyenne sur 1,5 à 2,5 mm de large. Leur base est nettement élargie au point d'insertion mais elles ne sont pas vrillées comme chez nordmanniana et numidica par exemple. Apex habituellement obtus ou légèrement pointu mais jamais émarginé. Face supérieure est convexe alors que l'inférieure porte 2 bandes stomatales blanchâtres. Les aiguilles de la partie supérieure sont très souvent plus courte (5-10 mm) et piquantes. Les fleurs mâles sont des cônes marron-rougeâtres ; les cônes femelles sont sessiles et cylindriques, de 10-16 cm de long sur 3-4 (5) cm de diamètre, verts lorsqu'ils sont jeunes puis brunâtres à maturité. Les bractées sont entièrement encloses dans les écailles. Graines de 7 mm de long avec une aile qui atteint 15 mm. L'implantation radiale des aiguilles et leur rigidité sont caractéristiques de ce taxon.

Origine géographique : le type possède une aire très restreinte puisqu'elle ne représente qu'environ un millier d'hectares dans les montagnes de l'extrême sud de l'Espagne à cheval sur les provinces de Cadix et de Malaga. Tolère le calcaire.

Jacques Urban, 2005.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 7

Taxons inférieurs : une variété et une sous-espèce acceptées à ce rang.

Abies pinsapo var. marocana (Trab.) Ceballos & Bolaño (1928).

Statut du taxon : accepté sous réserve
Publication : Serv. Forest. 2: 18 (1928)

Synonymie : Abies marocana Trab. (1906) ; Abies pinsapo subsp. marocana (Trab.) Emb. & Maire (1928) ; Picea marocana (Trab.) Trab. (1907) ; Abies marocana subsp. tazaotana (Cózar ex Villar) Rivas Mart. (2011) ; Abies pinsapo var. tazaotana (Cózar ex Villar) Pourtet (1954) ; Abies pinsapo subsp. tazaotana (Cózar ex Villar) Govaerts (1995) ; Abies tazaotana Cózar ex Villar (1947).

Une population très localisée à l'extrême Nord du Maroc (Monts. Tissouka, Mago, Kraa, Tazaot, et Bab Rouida) entre 1400 et 2100 m. Se distingue du type par des canaux résinifères foliaires marginaux plutôt que médians, des aiguilles à apex aigu à acuminé, principalement pectinées plutôt qu'arrangées en spirale, des écailles de bourgeon résineuses obtuses et peu carénées mais plutôt acuminées et des cônes à écailles plus larges que longues, réniformes plutôt que cunéiformes, avec des bractées incluses environ 25 % plus courtes que chez pinsapo et donc identiques à numidica. D'accord, ce taxon est différent de pinsapo et si le rang variétal défini par ses détails anatomiques sans conséquence sur la reproduction potentielle avec pinsapo suffisent à en faire une espèce à part entière cela induit un même niveau de différences qu'avec une autre espèce du genre comme, par exemple, Abies spectabilis ou alors qu'il faudrait être plus cohérent et scinder le genre Abies en plusieurs genres tant les écarts phénotypiques sont proportionnellement importants !

D'ailleurs, je lis dans une note sur le site conifers.org cité en référence : "Ce taxon est généralement considéré comme une variété ou une sous-espèce d'A. pinsapo, et les données moléculaires indiquent qu'il s'agit probablement d'espèces sœurs ; toutefois, elles sont isolées sur le plan reproductif par le détroit de Gibraltar depuis au moins 6 millions d'années, période durant laquelle se sont accumulées suffisamment de différences génétiques, morphologiques et écologiques pour justifier leur reconnaissance en tant qu'espèces distinctes."

Le détroit de Gibraltar mesure environ 15 km et n'empêche probablement pas les remontées de pollen puisque les courants font remonter du sable jusqu'en France très régulièrement. Bon mais ça c'est anecdotique, ce qui m'interpelle ce sont les 6 millions d'années d'isolement prétendu, ça ne coûte rien de le dire et encore moins de le croire même si rien ne le prouve, donc, dans ce laps de temps, pinsapo se serait modifié en marocana alors que numidica est toujours proche de pinsapo sans aucune transformation significative car 6 millions d'années c'est quand même long et climatiquement il a dû s'en passer des choses ! Restons sérieux, il me semble que ces 3 taxons sont une même espèce dont l'aire était plus vaste et qui s'est réduite à peau de chagrin justement sous les modifications climatiques ; d'ailleurs, les trois sont en danger d'extinction et, comme suggéré par certains, le plus probable est un métissage (hybridation pour eux) entre deux populations de pinsapo à leur point de contact dans l'Est du Maroc alors qu'elles sont partiellement isolées aux extrémités de l'aire. Ce serait pourtant simple si on voulait vérifier ce genre d'hypothèses : il suffit de faire une pollinisation artificielle entre les deux et dans les deux sens mais bien sûr ça demande du temps et peut-être qu'on ne veut pas renoncer aux 6 millions d'années qui scientifiquement et idéologiquement expliquent tout !

Abies pinsapo subsp. numidica (De Lan. ex Carr.) E. Murray (1982)

Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 08/2026).
Publication : Kalmia 12: 27 (1982)

Synonymie : Abies numidica De Lan. ex Carr. (1866) ; Abies baborensis (Coss.) Coss. (1866) ; Abies pinsapo var. baborensis Coss. (1866) ; Abies pinsapo var. baborensis Cosson (1866) ; Pinus baborensis (Coss.) W.R.McNab (1876) ; Abies pinsapo var. numidica (De Lan. ex Carr.) Salomon (1884).
Noms vernaculaires : sapin de Kabylie ; Engl. pindrow fir.

Port et taille semblable à pinsapo, avec les branches verticillées, denses et les jeunes rameaux glabres, vert-jaune à bruns, légèrement brillants. Par contre moins de branches près du sol et ses bourgeons ne sont pas ( ou peu) résineux sauf chez les jeunes sujets. Les aiguilles sont également implantées radialement mais souvent pectinées sur 2 rangs sur les vieux sujets et sont aussi coriaces que chez pinsapo. Elles mesurent 15-20 mm de long, elles sont moins épaisses et plus aplaties que chez pinsapo et surtout elles sont légèrement vrillées à la base. La face supérieure est vert-foncé ou vert-bleu, sillonnée avec parfois une tache grise près de l'apex alors que la face inférieure porte 2 bandes stomatales blanchâtres qui comprennent chacune 7 à 10 lignes de stomates. Cônes cylindriques de 15-20 cm de long sur 4-6 cm de diamètre, vert-gris lorsqu'ils sont jeunes et bruns à maturité à bractées courtes qui ne dépassent pas les écailles. Les cônes mâles sont moins rouges et tirent davantage vers l'orangé.

Origine géographique : taxon également très localisé puisqu'il pousse dans les monts Tababor et Babor en Kabylie, dans le nord-est de l'Algérie.

La quasi totalité des auteurs qui se sont penchés sur la nomenclature de ce taxon l'ont classé comme une sous-espèce de pinsapo d'abord sous le qualificatif de Abies pinsapo var baborensis par Cosson en 1866 puis par Salomon en 1884 sous son nom actuel mais lui n'en faisait qu'une variété de pinsapo et enfin E. Murray en 1982 qui le place en qualité de sous-espèce comme nous l'acceptons ici.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 6