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Famille Pinaceae
Abies procera Rehder (1940)
Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 08/2026).
Publication : Rhodora 42: 522 (1940).
Synonymie : Pinus nobilis Douglas ex D. Don (1832) ; Abies nobilis (Douglas ex D. Don) Lindl. (1833) ; Picea nobilis (Douglas ex D.Don) Loudon (1838) ; Pseudotsuga nobilis (Douglas ex D. Don) W. R. McNab (1876) ; Abies nobilis var. argentea Freudenberg (1886) ; Abies nobilis var. compacta Chitt. (1932) ; Abies nobilis var. glaucophylla Sudw. (1879) ; Abies nobilis var. prostrata Hornibr. ex Chitt. (1932) ; Abies nobilis var. robusta (Veitch ex Carrière) Beissn. (1930) ; Picea nobilis var. coerulea Paul ex J.Dix (1862) ; Picea nobilis var. glauca Ravenscr. (1863). Les synonymes référençant les formes ont été ignorés.
Noms vernaculaires : sapin noble ; Engl. noble fir.
Bibliographie : Krüssmann Gerd, Manual of cultivated conifers, 1985.
Collectif, The families and genera of vascular plants, Tome I, Edited by E. Kubitzki, 1990.
Urban Jacques, Les cahiers du naturaliste N°1, 2005.
Aljos Farjon, World checklist and bibliography of Conifers - 1ère édition (1998).
Christopher J. Earle, The Gymnosperm Database www.conifers.org.
Iconographie :
Urban Jacques : 1. cône type ; 2. cône magnifica
Description détaillée
Un des géants du genre avec 45-60 m de haut mais qui peut bien atteindre 90 m dans son habitat. Port plutôt fastigié étroit avec peu de branches, celles du bas ayant tendance à disparaître avec l'âge. Écorce grisâtre chez les jeunes sujets, parfois légèrement violacée puis gris-brun et fissurée chez les sujets plus âgés. Rameaux à fine pubescence roussâtre et bourgeons globuleux et résineux mais de petite taille. Aiguilles principalement pectinées mais insérées sur la face inférieure du rameaux et se redressant vers le haut. En fait elles varient selon leur localisation sur le rameau, celles proches de la base sont plus courtes, nettement recourbées et appliquées près du rameau, celles de l'extrémité sont denses et droites et les médianes sont intermédiaires. Elles mesurent 25-35 mm de long sur 1,5 mm de large et sont nettement sillonnées au moins dans leur partie apicale. Apex arrondi ou à peine émarginé. Face supérieure bleu-vert avec lignes stomatales ; face inférieure avec 2 bandes stomatales étroites comprenant 5-6 lignes de stomates. Cônes cylindriques- oblongs de (14) 20-25 cm de long sur 7-8 cm de diamètre, vert lorsqu'ils sont jeunes et brun-pourpré à maturité. Écailles de 30-35 mm de large laissant dépasser les bractées pointues réfléchies. Fleurs mâles marron-rouge parfois mêlées de jaune.
Voici résumé les différences entre procera et magnifica selon Hunt en 1993 :
► Écailles basales du bourgeon pubescentes au centre, glabres sur les bords ; cônes femelles de 10 à 15 cm, bractées saillantes ; face adaxiale des feuilles généralement pourvue d'un sillon longitudinal : procera
► Écailles basales du bourgeon pubescentes sur toute leur surface ; cônes femelles de 15 à 20 cm, bractées incluses ; face adaxiale des feuilles généralement dépourvue de sillon longitudinal : magnifica.
Voilà sur quoi reposent les différences fondamentales qui justifient le maintien de deux espèces distinctes qui vivent dans le prolongement l'une de l'autre, dans le même biotope. Pas étonnant que la botanique rebute la majorité des profanes !
Origine géographique : taxon inféodé à la Chaîne des Cascades depuis l'Etat de Washington au nord jusqu'à l'extrême nord de la Californie au sud en passant par l’État d'Oregon.
Jacques Urban, 2005.
Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 6
Taxons inférieurs : une sous-espèce acceptée à ce rang.
Abies procera subsp. magnifica (Murr.) J. Urb. (2005)
Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 08/2026).
Publication : Les cahiers du naturaliste N°1, 2005.
Synonymie : Abies campylocarpa A.Murray bis (1860) ; Abies magnifica var. argentea Beissn. (1909) ; Abies magnifica f. glauca (Beissn.) Rehder (1949) ; Abies magnifica var. glauca Beissn. (1909) ; Picea magnifica var. macrocarpa F.Sanders (1874) ; Pinus campylocarpa (A.Murray bis) Voss (1913) ; Abies amabilis var. magnifica (A.Murray bis) Lavallée (1877) ; Abies nobilis var. magnifica (A.Murray bis) Kellogg (1882) ; Picea magnifica (A.Murray bis) F.Sanders (1874) ; Picea nobilis var. magnifica (A.Murray bis) J.Nelson (1866) ; Pinus magnifica (A.Murray bis) W.R.McNab (1876), nom. illeg. homonym. post. ; Pinus nobilis var. magnifica (A.Murray bis) Voss (1907) ; Pseudotsuga magnifica (A.Murray bis) W.R. McNab (1877) ; Abies magnifica var. critchfieldii Lanner (2010).
Noms vernaculaires : sapin de Californie ; Engl. California red fir.
Arbre de 60 m environ à port nettement conique étroit. Les branches sont verticillées et leur longueur décroît régulièrement de la base vers le sommet alors que chez procera elles sont irrégulièrement implantées. Jeunes rameaux brunâtres légèrement pubescents. Ecorce grise rugueuse (liégeuse) devenant rougeâtre chez les adultes. Bour¬geons de petite taille, ovale et résineux à l'apex. Aiguilles disposées comme chez procera mais moins denses et en moyenne plus fines (1 mm de large) et plus longues (20-40 mm). Elles sont le plus souvent courbées vers le haut mais aussi dirigées vers le bas et diversement étalées. Contrairement à procera elles ne sont pas sillonnées et sont de section plutôt rectangulaire. Dans leur ensemble, elles sont vert-gris et portent des rangées de stomates sur les deux faces mais bien sûr la face inférieure est la plus densément fournie avec 2 rangées de 5-6 lignes de stomates chacune. Cônes cylindriques-oblongs ressemblant à procera, de 15-22 cm de long sur 7-9 cm de diamètre, pourpre-violacé lorsqu'ils sont jeunes puis vert-jaune puis enfin bruns à maturité. Fleurs mâles rouge-violacé. Ecailles et comme chez procera mais bractées ne dépassant pas les écailles.
En 1882 Kellogg place ce taxon comme simple variété de procera sous le nom de Abies nobilis var. magnifica et Vossin fait de même en 1907.
Origine géographique : montagnes du sud-ouest de l'Oregon jusqu'en Californie entre 1500 et 3500 m d'altitude avec un léger débordement dans l'extrême ouest du Nevada. En fait magnifica est allopatrique de procera sauf dans leur zone de rencontre, dans le sud de l'Oregon.
Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 6
A propos de la variété magnifica var. shastensis Lemmon (1890) :
cette population se distingue de magnifica par une taille moyenne plus petite et surtout par des cônes également plus petit certes mais dont les bractées dépassent des écailles et sont réfléchies comme chez procera. C'est dans ce cas que prend toute la dimension d'une description et surtout d'une classification des populations et non pas de types. En effet si on prend seulement en compte la population magnifica, on aura tendance à la séparer de procera sur la différence des cônes. Pourtant on admet que magnifica et shastensis soient deux populations d'une même espèce car tous les autres caractères sont à peu près identiques sauf celui-là. N'est-ce pas plus judicieux de ne voir dans tous ces taxons le résultat d'une variabilité d'une même espèce au lieu de s'obstiner dans un pointillisme qui en devient affligeant ?
La variété shastensis s'étend du Lac Crater dans le sud de l'Oregon au Pic Lassen dans le nord-est de la Californie c'est à dire se trouve à cheval sur l'aire de procera au Nord et celle de magnifica au Sud. Ne faut-il pas mieux penser tout simplement à une population métisse entre les deux ? J'insiste bien sur métisse et non pas hybride puisque shastensis se multiplie de graines et occupe finalement une aire assez vaste prouvant bien que procera et magnifica sont deux populations de la même espèce.
