Juglans mandshurica : le noyer de Mandchourie

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Famille Juglandaceae

Juglans mandshurica Maxim. (1856)

Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 05/2026).
Publication : Bull. Cl. Phys.-Math. Acad. Imp. Sci. Saint-Pétersbourg 15: 127 (1856).
Synonymie : Juglans cathayensis Dode (1909), Juglans cathayensis var. formosana (Hayata) A.M.Lu & R.H.Chang (1979), Juglans collapsa Dode (1909), Juglans draconis Dode (1909), Juglans formosana Hayata (1911), Juglans mandshurica f. stenocarpa Uyeki (1940), Juglans mandshurica var. stenocarpa (Uyeki) Nakai (1952), Juglans stenocarpa Maxim. (1859).

Noms vernaculaires : noyer de Mandchourie.

Bibliographie : Krüssmann Gerd, Cultivated broad-leaved trees & shrubs, Vol. 2, 1985.

Collectif, Flora of China volume 4 Cycadaceae through Fagaceae, 1999.
Collectif, The families and genera of vascular plants, Volume II, 1993, Edited by K. Kubitzki.

Iconographie : Urban Jacques 1. feuillage ; 2. écorce ; 3. carte informative de répartition ; 4. inflorescence ; 5. fruits ; 6. bourgeons de J. m. mandshurica ; 7. intérieur de la noix ; 8. graines de J. m. mandshurica ; 9. graines de la forme cordiforme ; 10. graines de la sous-espèce sachalinensis. Sauf indiqué, toutes les photos représentent la sous-espèce sachalinensis.

Description détaillée

Juglans mandshurica, le noyer de Mandchourie

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Bourgeon terminal vigoureux, conique-aplati de 10-15 mm de long, brun-ocre plus ou moins pulvérulent et protégé par 2 écailles valvaires. Les axillaires sont plus petits, cylindriques avec l'apex arrondi, brun-pourpré souvent au nombre de 4 à 10 dans les 5 cm en dessous du bourgeon terminal. Feuilles caduques alternes de 50-90 cm (voire 100-120 cm) de long avec un rachis densément couvert de poils glanduleux. Elles sont composées de 9-19 folioles ovales à oblongues, subsessiles ou sessiles à bords à peine dentés, souvent irrégulièrement, tomenteuses puis glabres sur la face supérieure mais densément velues sur la face inférieures, notamment sur la nervure principale et les nervures secondaires au nombre de 15-18 paires et très saillantes. Base tronquée obliquement ou subcordée ; apex aigu à rarement acuminé. Les folioles basales sont plus petites mais la terminale est de même taille que les latérales moyennes (6-18 x 3-8 cm).

Les inflorescences mâles sont des chatons pendants d'environ 15-25 (35) cm de long, solitaires ou groupés par 2 (3). Ils sont couverts de poils glanduleux au niveau des bractées. Étamines au nombre de 12 à 40. Les inflorescences femelles sont des épis dressés qui portent de 9 à 20 fleurs densément tomenteuses avec des poils pourprés sur l'ovaire ; stigmates bifides entièrement couverts de poils pourprés et de 6-8 mm de long. La floraison a lieu fin mars-début avril. Les infrutescences forment des grappes pendantes de 5-10 (13) noix qui arrivent à maturité en septembre-octobre sous nos climats ; la coque verte est ovoïde et collante puis, une fois à terre, devient rapidement brune à noire en pourrissant ; elle est indéhiscente. Les noix comestibles sont ovales à ellipsoïdes de 3-4 cm de long très pointues à son extrémité distale. Elles sont ocrées marbrées de noirâtre (teintées par le brou en décomposition), très dures, côtelées (6-8 côtes) avec des sillons noueux profonds ; la cloison interne est également solide et empêche l'extraction du cerneau sans le casser. Chez la variété cordiformis, les noix sont quasiment lisses et aplaties en forme de cœur avec un cloisonnage plus arrondi qui permet une extraction du cerneau au moins en deux moitiés. La nomenclature botanique ne retient pas cette forme en tant que population naturellepuisqu'elle est inconnue dans la nature ; elle est donc à considérer comme une forme horticole. Environ 90-100 graines au kilo pour le type et 120-130 pour la forme cordiforme.

En général 5-8 étamines de 2,5-4 mm à filet large habituellement aussi long que les anthères ; en fait il y a une continuité de forme entre le filet et l'anthère. Anthères glabres. Staminodes subulés à linéaire-lancéolés au nombre de 2-15 et nettement pubescents. Carpelles (5-15) avec styles pubescents 3 fois plus que l'ovaire en moyenne. Le fruit est une sorte d'urne ovoïde à elliptique de 2-6 X 1-2,5 cm, d'abord charnu puis semi-ligneux en murissant pour finir par se déliter sur le rameau ou au sol. L'apex se retrécie pour former un col qui s'évase en 9-10 appendices lancéolés-subulés. Il contient de 3 à 11 akènes qui en général correspondent aux graines puisqu'un akène ne contient qu'une seule graine. Celles-ci sont ellipsoïdes à réniformes, brun-rouge à brun (15-16,5 X 5.5-6 mm). Poids : en moyenne 60 graines/10 g. Cotyledons réniformes de 4-6 X 2-4 cm, vert franc.

Culture

En culture, germination en mars-avril. Les plantules produisent une racine importante qui peut atteindre rapidement 25-30 cm avant que n'apparaisse la tige feuillée qui, elle aussi, a une croissance rapide. En pleine terre la plantule peut atteindre 80 cm de haut à l'automne. Cette espèce aime les sols frais voire humides mais drainés et pousse très bien en sol drainé à sec en surface. Plein soleil et tout type de sols pas trop calcaires. Croissance rapide même sur sols pauvres en matière organique; à éviter dans les régions trop ventées. Son bois est lourd et solide mais hélas l'arbre ne développe pas naturellement un tronc assez haut pour une exploitation en bois d'œuvre, seulement pour la fabrication d'objets ou d'outils. Les premières grosses branches sont basses et étalées. Dans nos régions, ses fruits n'étant pas récoltés elle devient alors une espèce intéressante pour le maintien des écureuils qui n'ont aucune difficulté à ronger la coque en hiver et se régalent des noix en cours de germination au printemps.

Origine géographique : l'espèce type est originaire de Chine et selon Flora of China elle est présente dans les provinces suivantes : Anhui, Fujian, Gansu, Guangxi, Guizhou, Heilongjiang, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Jilin, Liaoning, Shaanxi, Shanxi, Sichuan, Yunnan. Cette répartition génère en fait deux aire discontinues puisque les provinces de Mongolie extérieure, Hebei et Shangong ne sont pas citées alors qu'elles le sont dans la répartition de Kew Garden. La carte est donc un compromis de ce constat avec pour motivation l'exclusion dans ces provinces des régions steppiques qui ne correspondent pas à l'écologie de l'espèce notamment en Mongolie intérieure. Par ailleurs, Juglans mandshurica type est présent à Taïwan, dans les deux Corées et dans l'extrême Est de la Russie (Primorye, Amur et Khabarovsk) en continuité avec les provinces chinoises du Nord. Le Japon et les îles Kuriles et Sakhaline où elle a été introduite abritent la sous-espèce sachalinensis.

Jacques Urban, 2018 révisé 2026.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 6

Taxon inférieur : une sous-espèce acceptée à ce rang.

Juglans mandshurica subsp. sachalinensis (Komatsu) Kitam. (1949).

Publication : Acta Phytotax. Geobot. 14: 14 (1949)
Synonymie : Juglans coreensis Siebold (1830), nom. nud. ; Juglans japonica Siebold ex Miq. (1867) ; Juglans sieboldiana Maxim., 1873 ; Juglans kurumi Siebold (1830), nom. nud. ; Juglans macrophylla J.N.Haage & E.Schmidt (1874) ; Juglans ailanthifolia Carrière (1878) ; Juglans allardiana Dode, 1909 ; Juglans coarctata Dode (1909) ; Juglans sachalinensis Komatsu, 1915 ; Juglans mirabunda Koidz. (1937). Les synonymies se rapportant au rang de la variété ou de la forme ont été exclus pour plus de clarté.

Cette sous-espèce est endémique du Japon et a été introduite sur les îles environnantes dont Sakhaline. Elle se distingue du type par ses feuilles généralement plus petites, autour de 50 cm de long et par ses graines relativement plus lisses dont la base est plus arrondie et l'apex moins acuminé.

Elle est aussi connu pour deux formes nomenclaturalement considérées à tort pour des variétés puisque ne correspondant pas non seulement à une aire géographique précise et un caractère stabilisé puisque les graines donnent très souvent naissance au taxon sachalinensis mais surtout ne peuvent pas être classées comme des variétés du type puisqu'elles n'existent pas naturellement sur le continent pas plus d'ailleurs qu'au Japon à l'état naturel. Pour moi il s'agit seulement de formes horticoles isolées au fil des siècles. Elles sont donc considérées ici comme des formes d'ailleurs telles qu'elles l'ont été auparavant, la synonymie l'attestant :

Juglans mandshurica subsp. sachalinensis f. cordiformis (Makino) J. Urb. (2026) (1)
Synonymie : Juglans cordiformis Maxim. (1872) ; Juglans lavalleei Dode (1909) ; Juglans subcordiformis Dode (1909) ; Juglans ailantifolia var. cordiformis (Makino) Rehder (1945) ; Juglans mandshurica var. cordiformis (Makino) Kitam. (1949).

(1). il faut hélas mentionner ici l'auteur même si cette nomenclature ne sera pas acceptée sans passer par une publication officielle et l'aval d'un comité international qui devra l'approuver après moultes discussions alors que je ne fais que transcrire le bons sens de la nomenclature antérieure !

Elle se distingue seulement par ses noix lisses en forme de cœur. Quant à la forme référencée Juglans mandshurica var. avellana et initialement référencé comme un hybride, n'ayant trouvé aucune publication qui décrivent ses caractéristiques phénotypiques et attendu qu'elle n'existe pas non plus dans la nature, je ne la reprends même pas comme étant un taxon botanique réel mais seulement le résultat du pointillisme taxinomique passé : quelles peuvent bien être les différences fondamentales avec sachalinensis et sa forme cordiformis sinon d'après son qualificatif une noix ovale à coque lisse qui ferait penser à une noisette !