Pinus patula : le pin Jelecote

> Flore > Pinaceae > Pinus > Pinus patula

Famille Pinaceae

Pinus patula Schiede ex Schltdl. & Cham. (1831)

Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 05/2026).
Publication : Linnaea 6: 354 1831.
Synonymie : Pinus patula var. macrocarpa Mast. (1891).
Noms vernaculaires : pin Jelecote ; Engl. mexican weeping pine

Bibliographie : Krüssmann Gerd, Manual of cultivated conifers, 1985.

Collectif, The families and genera of vascular plants, Tome I, Edited by E. Kubitzki, 1990.

Aljos Farjon, World checklist and bibliography of Conifers - 1ère édition (1998).

Christopher J. Earle, The Gymnosperm Database www.conifers.org.

Description détaillée

Grand arbre jusque vers 40 m de haut avec un tron jusqu'à 1 m de diamètre mais le plus souvent ne dépassant pas 20-25 m. Généralement un tronc unique droit et plutôt mince pour les sujets en peuplements forestiers. Couronne plutôt conique ou parfois plus arrondie. Écorce des jeunes arbres fine, écailleuse et brun-rouge. Chez les sujets adultes elle est plus épaisse, brun-gris foncé, rugueuse et écailleuse avec de grandes plaques allongées et de profondes fissures longitudinales. Branches longues, étalées ou sensiblement ascendantes alors que les branches supérieures sont plus fines et retombantes. Les branches les plus hautes sont souvent pendantes. Rameaux rugueux et écailleux après la chute des faisceaux d'aiguilles. Jeunes aiguilles jaune à rouge-brun avec des pulvinules (1) proéminentes et décurrentes. Les bourgeons sont protégés par un ensemble d'écailles (appelé pérule) qui sont subulées, recourbées à l'apex, sèches et membraneuses (scarieuses), brunes, à bords ciliés-rugueux et rapidement caduques. Bourgeons latéraux oblongs à cylindriques. Bourgeon terminal de 15 à 20 mm de long, les latéraux plus courts, bruns, non résineux à écailles étalées, subulées, ciliées sur les bords. Gaines fasciculaires d'abord de 20-30 mm de long avec 6-8 écailles imbriquées, chartacées, blanc-jaune à brun-orange, persistantes mais se raccourcissant à 12-15 mm dans les fascicules matures pour devenir gris-brun. Feuilles en faisceaux de 3-4 (-5) tombantes, généralement en deux rangées de chaque côté et persistant 2-3 ans. Elles sont fines et pendantes, de (11) 15-25 (30) cm X 0,7-0,9 (1) mm, dentelées sur les bords, pointu, vert pâle à vert foncé. Les aiguilles sont triangulaires en coupe transversale. Stomates sur les deux faces : 4-6 (-7) lignes sur la face abaxiale (à l'opposé de l'axe) convexe et 2-3 (4) lignes sur la face adaxiale (orienté vers l'axe).

Cônes mâles groupés en couronne autour de l'extrémité proximale des nouvelles pousses ; ils sont étalés et portent des bractées scarieuses, ovoïdes-oblongues à cylindriques de 15-20 X 5-6 mm, rose-jaune devenant brun-jaune. Cônes femelles subterminaux ou latéraux, en verticilles de 2 à plusieurs, rarement solitaires, persistants ou caduques, sur des pédoncules courts (voire sessiles) à modérément longs (10-20 mm chez longipedunculata). Cônes immatures ovoïdes sur des pédoncules courts ou longs recourbés avec des cataphylles persistantes, pourpres devenant brun clair, mûrissant sur deux saisons. Cônes matures étroitement ovoïdes lorsqu'ils sont fermés, généralement légèrement incurvés, plus ou moins asymétriques à la base, 5-10 (-12) X (3-) 4-6,5 cm lorsqu'ils sont ouverts. Écailles au nombre de (75) 100-150, sérotineuses (2) ou s'ouvrant quelques temps après la maturation. Elles sont finement ligneuses, oblongues, généralement incurvées lors de l'ouverture ; les écailles proximales sont connées, brun-violet à brun foncé avec des marques brun-clair adaxiales laissé par les ailes des graines. Apophyses rhombiques presque plates à légèrement surélevées, carénées transversalement, plus ou moins gibbeuses sur les écailles proximales ; bord supérieur aigu ou arrondi-obtus ; surface abaxiale striée ou lisse (lustrée) ocre ou jaune-marron. Umbon dorsal, plat ou en relief, souvent enfoncée dans l'apophyse, de 3-7 mm de large, gris, avec une petite aiguille caduque. Graines ovoïdes-obliques, aplaties, de 4-6 X 2-4 mm, gris foncé. L'aile de la graine est ovale-oblongue. Elle s'articule à la graine par deux griffes obliques qui couvrent en partie la graine sur un côté et mesure 12-18 X 5-8 mm, brun clair avec des rayures foncées. Environ 165 à 180 graines au gramme. Au Mexique ce pin est une essence très utilisée en tant que bois de construction de par sa croissance rapide et son tronc rectiligne. Il a d'ailleurs été introduit dans divers pays sub-tropicaux et tropicaux dont l'Afrique du Sud pour cet usage mais il y semble être devenu envahissant ; pas de risque en France !

Origine géographique : la variété type est présente dans quelques localités de Tamaulipas, Querétaro, Hidalgo, México, Distrito Federal, Morelos, Tlaxcala, Puebla, Veracruz, Oaxaca et Chiapas. Son aire de répartition principale se trouve sur la Sierra Madre Oriental et les hautes montagnes du centre-est du Mexique à des altitudes de (1400) 1500-2800 (3300) m. Ce pin préfère les endroits humides de la zone subtropicale à tempérée chaude, avec des précipitations annuelles de 1000 à 2200 mm. Sur les pentes orientales de la Sierra Madre, les précipitations augmentent par la présence fréquente de brouillards en dehors de la saison des pluies.

Jacques Urban, 2019.

Lexique
1. petits renflements à la base du pétiole souvent responsables de son mouvement
2. cônes dont les graines restent enfermées jusqu'à ce qu'un incendie se produise

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 8

Taxons inférieurs : une variété acceptée.

Pinus patula var. longipedunculata Loock ex Martínez (1948)

Statut du taxon : accepté
Publication : Pinos Mexic., ed. 2: 333 (1948).

Synonymie : Pinus longipedunculata (Loock ex Martínez) Businský (2008), Pinus patula subsp. longipedunculata (Loock ex Martínez) Silba (2009).

Ce taxon est assez abondant dans les états d'Oaxaca et du Chiapas mais présent dans deux seules stations, une dans l'état d'Hidalgo et l'autre dans celui de Vera Cruz. La différence avec le type réside principalement dans un pédoncule plus long que chez le type qui est souvent sessiles et par sa taille plus petite (5-8 cm au lieu de 7-12 cm) avec des écailles plus étroites. Je ne suis pas certain que ces critères de variabilité au sein de l'espèce suffisent à l'identifier taxinomiquement sauf à considérer que ce sont des populations isolées du type (?).