Widdringtonia

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Famille Cupressaceae

 

Genre Widdringtonia Endl. (1842)

Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 03/2026).
Publication : Gen. Pl., Suppl. 2: 25.
Synonymes : Pachylepis Brongn. (1833) nom. illeg. ; Parolinia Endl. (1841) nom. illeg.
Liens taxinomiques : (en gras les genres valides) Callitris.
Noms vernaculaires : aucun.

Bibliographie : Krüssmann Gerd, Manual of cultivated conifers, 1985.

Collectif, The families and genera of vascular plants. Volume I, 1990, Edited by K. Kubitzki

Aljos Farjon, World checklist and bibliography of Conifers - 1ère édition (1998).

Keith Coates Palgrave, Trees of Southern Africa, Struik Publishers, Cape Town, 2002.

Collectif, Mabberley's Plant-Book, 4rd edition 2017, Cambridge UP.

Christopher J. Earle, The Gymnosperm Database, www.conifers.org.

Description

Arbres ou parfois buissons à feuillage persistant composé d'écailles appressées, arrangées par paires décussées ou alternes mais jamais verticillées par 3 ou 4. Feuilles juvéniles linéaires en forme d'aiguille, plates et aciculaires, arrangées en spirale ; celles-ci cohabitent parfois avec les feuilles adultes sur les rameaux un peu longs. Cônes mâles solitaires terminaux d'environ 4 mm de long. Cônes femelles solitaires ou en petits groupes, de 13-25 mm de diamètre, de forme ovale-pyramidale composés de 4 (rarement 5-6) écailles égales, épaisses, valvées et arrangées en 2 verticilles fortement imbriqués. Chaque écaille est pourvue d'une proéminence conique au 3/4 de leur longueur. Graines ovoïdes ou triangulaires entourées plus ou moins d'une petite aile papyracée. En général 2 (3) cotylédons vert franc en forme d'aiguille plate. Les 4 espèces référencées sont endémiques d'Afrique du Sud, du Zimbabwe, du Mozambique et du Malawi. Espèces rarement cultivées en Europe. Elles demandent toujours un sol bien drainé et ont une croissance modérée, lente les premières années, les jeunes plants ne supportant pas les gelées au-delà de -5°C. Ce sont des espèces très intéressantes pour la confection de bonzaïs.

Jacques Urban, 2020.

Taxons inférieurs : 4 espèces acceptées ici à ce rang.

Widdringtonia cedarbergensis
Widdringtonia nodiflora
Widdringtonia schwarzii
Widdringtonia whytei

Widdringtonia cedarbergensis Marsh (1966)

Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 06/2026).
Publication : Bothalia 9: 125 (1966).
Synonymie : Callitris arborea Schrad. ex D.E.Hutchins (1895) ; Widdringtonia wallichiana Gordon (1862) nom. subnud.
Nom vernaculaire : cyprès du Cedarberg ; Engl. Clanwillian cedar.

Description détaillée

Petit arbre, généralement de 5 à 7 m de hauteur, qui peut atteindre jusqu'à 20 m dans des endroits protégés et dans ce cas ce sont de vieux arbres étalés, noueux et massif, avec parfois un tronc jusqu'à 2 m de diamètre. Silhouette conique chez les jeunes sujets puis étalée chez les adultes. Écorce: gris-rouge, fine, fibreuse et écaillée. Feuilles juvéniles aciculaires, étalées, de 10-20 X 1-2 mm et feuilles adultes appressées, ovales, de 2-4 mm de long, décussées et semi-circulaires en coupe transversale. Cônes mâles très petits, mesurant seulement 2 mm de long. Cônes femelles presque sphériques, jusqu'à 25 mm de diamètre, composés de 4 écailles, chacune à faces ligneuses, rugueuses et verruqueuses, brun foncé. Des cônes à différents stades sont fréquents tout au long de l'année. Graines ovoïdes à triangulaires, noires, étroitement ailées ou avec une aile peu distincte. Deux cotylédons de 25-35 X 2-5 mm.

Cette espèce est très similaire à W. schwarzii, qui, selon certains auteurs est soupçonnée être un hybride naturel de W. cedarbergensis et W. nodiflora. Le bois de cette espèce est beau, jaune clair à blanchâtre et se travaille aisément ce qui a causé une sur-exploitation des plus beaux spécimens au point que les population naturelles, déjà localisées et sporadiques ont fortement décrues, aidées en cela par les fréquents incendies du Veld. Depuis quelques années, un programme de replantation est en cours.

Origine géographique : cette espèce est endémique des montagnes du Cedarberg dans la Province du Cap, au Nord-est de la ville du Cap, dans la région de Clanwilliam. Les peuplements sont plus ou moins dispersés sur les affleurements rocheux et les sommets des montagnes entre 1000 et 1600 m d'altitude.

Jacques Urban, 2020.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 8


Widdringtonia nodiflora (L.) Powrie (1972)

Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 06/2026).
Publication : J. S. African Bot. 38: 303 1972.
Synonymie : Cupressus juniperoides L., (1763) ; Thuja cupressoides L. (1767) ; Cupressus africana Mill. (1768) ; Thuja aphylla Burm.f. (1768), nom. illeg. ; Juniperus capensis Lam. (1788) ; Cupressus humilis Salisb. (1796) ; Thuja quadrangularis Vent. (1806) ; Schubertia capensis Spreng. (1826), nom. superfl. ; Pachylepis commersonii Brongn. (1833) ; Pachylepis cupressoides (L.) Brongn. (1833) ; Pachylepis juniperoides (L.) Brongn. (1833) ; Taxodium juniperoides (L.) Rich. ex Steud. (1841) ; Widdringtonia cupressoides (L.) Endl. (1842) ; Callitris cupressoides (L.) Schrad. ex E.Mey. (1843) ; Widdringtonia commersonii (Brongn.) Endl. (1847) ; Widdringtonia juniperoides (L.) Endl. (1847) ; Widdringtonia natalensis Endl. (1847) ; Callitris stricta Schrad. ex Carrière (1855) ; Juniperus caesia Carrière (1855) ; Sabina caesia (Carrière) Antoine (1857) ; Callitris capensis Schrad. ex Gordon & Glend. (1858) ; Widdringtonia caffra O.Berg (1860) ; Parolinia juniperoides Endl. ex Gordon not validly publ. ; Frenela juniperoides (L.) Parl. (1868) ; Callitris commersonii (Brongn.) (1894) ; Callitris juniperoides (L.) T.Durand & Schinz (1894) ; Widdringtonia mahonii Mast. (1905) ; Callitris mahonii (Mast.) Engl. (1908) ; Widdringtonia dracomontana Stapf (1918) ; Widdringtonia stipitata Stapf (1930) ; Widdringtonia nodiflora var. dracomontana (Stapf) Silba (1990) ; Widdringtonia nodiflora subsp. dracomontana (Stapf) Silba, (2006) ; Widdringtonia wallichii Endl. ex Carrière (1867).
Nom vernaculaire : cyprès du Cap ; Engl. mountain cypress.

Iconographie

Urban Jacques : 1. carte de répartition ; 2. un rameau ; 4. graines.
Keith Coates Palgrave : 3. rameau et cône.

Description détaillée

Le plus souvent, il s'agit d'un buisson dense ou d'un petit arbre de 4 à 6 (9) m de haut, mais dans quelques régions de montagnes de l'Est du Zimbabwe, on trouve parfois des spécimens beaucoup plus grand. Écorce brune à grise, finement fissurée longitudinalement et s'exfoliant en longues bandes étroites qui mettent à jour une sous-écorce rougeâtre. Feuilles juvéniles en forme d'aiguilles, vert-clair, disposées en spirale de 10-20 X 1-2 mm. Feuilles adultes appressées, oblongues-étroites, en forme d'écailles, d'environ 2 mm de long, vert foncé et plutôt triangulaires en coupe transversale. Cônes mâles terminaux, petits, de 2 à 4 mm de long. Cônes femelles globuleux, de 15 à 20 mm de diamètre, brun foncé, à 4 écailles, chacune ayant une surface ridée et quelques protubérances. Les cônes mûrissent vers mars, mais des cônes à différents stades sont fréquents tout au long de l'année. Graines brun foncé à noirâtre, ovales mais nettement plus aplaties que chez W. schwarzii, avec une aile marron plutôt transparente et bien développée, tronquée à son apex ou à peine émarginée. Deux cotylédons de 20-25 X 2 mm.

Le nom vernaculaire anglais de cèdre (cedar) est appliqué populairement à un certain nombre d'arbres au bois parfumé, dont les espèces de Widdringtonia qui produisent une huile aromatique agréable. Comme pour les essences du genre Cupressus, le bois est assez imputrécibles en extérieur et sert localement à la fabrication de bardeaux d'un beau gris argenté qui résistent bien aux intempéries. Le bois a naturellement un éclat satiné et est donc très utilisé dans la fabrication de meubles ou de lambris. Malheureusement, il reste aujourd'hui très peu d'arbres de grande taille au sud du fleuve Zambèze. Contrairement aux autres espèces du genre, W. nodiflora recèpe facilement de la base après un incendie, ce qui peut expliquer son extension géographique par rapport aux autres.

Origine géographique : cette espèce est la plus répandue du genre. On la trouve en Afrique du Sud sur une large bande entre la Province du Cap et le Lesotho ou l'Etat Libre d'Orange (Free State Orange) puis dans le Natal et dans le Nord-est à la frontière avec le Zimbabwe et le Mozambique. Plus au Nord elle est présente à la frontière entre le Zimbabwe et le Mozambique. Elle pousse habituellement à basse altitude mais au Zimbabwe, elle atteint 2150 m, sur les flancs des montagnes, parmi les rochers et dans les ravins.

Jacques Urban, 2020.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 8


Widdringtonia schwarzii (Marloth) Masters (1905)

Statut du taxon : accepté sous réserve - (Mise à jour : 06/2026).
Publication : J. Linn. Soc., Bot. 37: 269 1905.
Synonymie : Callitris schwarzii Marloth (1905).
Nom vernaculaire : cyprès de Willowmore ; Engl. Willowmore cedar.

Description détaillée

Grand arbre de 17 à 30 m de haut mais certains sujets peuvent atteindre 40 m dans les zones à faible pluviométrie des Monts Baviaanskloof et Kouga, dans des ravins autour de 900-1000 m d'altitude. Port conique y compris chez les vieux sujets. Écorce gris rougeâtre, fine, fibreuse, écailleuse. Feuilles juvéniles de 10-20 X 2 mm, aciculaires, vert-franc. Feuilles adultes de 2-4 mm de long, décussées. Cônes mâles très petits, d'environ 2 mm de long, sur de courts rameaux. Cônes femelles presque globuleux, d'environ 2 cm de diamètre, brun foncé, les 4 écailles à faces rugueuses et verruqueuses. On trouve souvent des cônes à différents stades de développement un peu toute l'année. Graines ovales, parfois aplaties, noires, avec une aile nette émarginée à son apex ; les graines sont vraiment intermédiaires entre W. wallichii et W. nodiflora. Deux cotylédons de 20-25 X 2 mm.Tous les spécimens des endroits accessibles ont été exploités, soit brûlés, soit défrichés. W. schwarzii est très proche de W. cedarbergensis mais aussi de W. nodiflora si bien qu'on peut penser qu'il serait un hybride naturel des deux espèces d'où la réserve émise sur son statut d'espèce.

Origine géographique : cette espèce est endémique du district de Willowmore dans la Province du Cap. Sur-exploitée, elle n'est plus présente que dans les endroits difficiles d'accès à faible pluviométrie, surtout les ravins rocailleux entre 70 et 1200 m d'altitude ce qui rend son observation périlleuse.

Jacques Urban, 2020.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 8


Widdringtonia whytei Rendle (1894)

Statut du taxon : accepté - (Mise à jour : 06/2026).
Publication : Trans. Linn. Soc. London, Bot. 4: 60.
Synonymie : Callitris whytei (Rendle) Engl. (1895) ; Widdringtonia nodiflora var. whytei (Rendle) Silba (1990) ; Widdringtonia nodiflora subsp. whytei (Rendle) Silba (2006).
Nom vernaculaire : cyprès du Malawi ; Engl. Mulanje cedar.

Description détaillée

Arbre atteignant 50 m de hauteur et 1,50 m de diamètre avec généralement un tronc unique et droit et une cime pyramidale devenant irrégulière ou aplatie avec l'âge. Écorce fibreuse et tendre, atteignant 4 cm d'épaisseur, fissurée, gris brunâtre se détachant en longues lanières. Rameaux de l'année longs de 7 à 20 mm, plus ou moins quadrangulaires, d'une diamètre de 1 - 1,5 mm. Aiguilles vert clair mat ; sur les rameaux stériles, elles sont appliquées contre le rameau ou présentent parfois une extrémité libre. Elles sont de forme ovale à rhomboïdale (1,5–3,5 x 1–1,5 mm), plus grandes sur les pousses vigoureuses (jusqu'à 10 x 4 mm), faiblement carénées à la base et bords supérieurs finement denticulés. Stomates présents sur les deux faces en deux lignes marginales et apex obtus à aigu.

Cônes mâles oblongs de 3–6 x 1,5–2 mm. Cônes femelles solitaires ou groupés (mais non en grappes) sur les rameaux, terminaux sur des pousses courtes. Maturité en deux ans, devenant alors subglobuleux (diamètre de 15–22 mm), souvent sérotineux, bien qu'ils finissent par s'ouvrir largement. Écailles au nombre de 4, ligneuses et épaisses, oblongues, atteignant 25 × 15 × 8 mm, légèrement incurvés ; face externe lisse à rugueuse, brun rougeâtre à brun foncé à maturité. Une protubérance subapicale de 1 à 4 mm, recourbée vers le haut ou vers l'arrière, laisse apparaître ou recouvre l'apex de la bractée. Graines au nombre de 3 à 10 (parfois plus) par cône, ovoïdes, aplaties, de 5–7 x 2–3 mm, très foncées, ayant deux ailes distinctes et inégales jusque 3 mm de large.

Origine géographique : cette espèce est endémique des Monts Mulanje au Malawi, en Afrique australe entre 1830 et 2550 m d'altitude. En fait son aire de répartition est estimée à moins de 600 km² avec une zone d'occupation réelle estimée à 845 hectares en 2004 et près de 33% des arbres étaient morts. Compte tenu du taux actuel d'exploitation forestière illégale, combiné à une série d'autres menaces, le déclin global devrait dépasser 80% d'ici 2030 selon le Royal Botanical Garden d'Edimburg. Comme toutes les espèces de Widdringtonia sauf W. nodiflora, cette espèce ne se régénère que de graines lorsqu'elle est victime d'incendies. Aussi compte tenu de son aire très limitée, elle ne résiste pas aux exploitations illégales et aux feux de forêts bien que la zone soit classée Parc National. Le climat est montagnard tropical frais, avec des précipitations abondantes, en grande partie sous forme de brouillard.

Jacques Urban, 2020.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 9-10