Nomenclature

Pinus devoniana Lindley (1839)

Pinaceae

Statut du taxon : accepté
Publication : Edwards's Bot. Reg. 25(Misc.): 62 1839.
Synonymie : Pinus filifolia Lindl. (1840) ; Pinus grenvilleae Gordon (1847) ; Pinus macrophylla Lindl. (1839) ; Pinus magnifica Roezl (1857) ; Pinus michoacaensis Roezl (1857) ; Pinus michoacana Martínez (1944) ; Pinus montezumae var. macrophylla (Lindl.) Parl. (1868) ; Pinus nec-plus-ultra Roezl (1857) ; Pinus ocampii Roezl (1857) ; Pinus pawlikowskiana Roezl ex Carrière (1867) ; Pinus pawlikowskiana Roezl ex Gordon (1862) ; Pinus pawlowskiana Roezl ex Carrière (1867) ; Pinus quevedoi (Martínez) Gaussen (1960) ; Pinus skinneri Forbes ex Gordon (1858) ; Pinus verschaffeltii Roezl ex Carrière (1867) ; Pinus wincesteriana Gordon (1847) ; Pinus zamoraensis Roezl ex Gordon (1862) ; Pinus zitacuarensis Roezl (1857).
Noms vernaculaires : Pin du Michoacan Engl. Michoacan pine.
 
Bibliographie
Gerd Krüssmann, Manual of cultivated conifers, 1985.
Collectif, The families and genera of vascular plants, Tome I, (Collectif) Edited by E. Kubitzki, 1990.
Collectif, World checklist and bibliography of Conifers - Aljos Farjon 1ère édition (1998).
Christopher J. Earle, The Gymnosperm Database http://www.conifers.org.
 

Iconographie : en recherche d'illustration pour ce taxon (in search of illustration for this species)

Description détaillée

 

Arbre de 20-30 m de haut pour un diamètre de tronc d'environ 0,8 à 1 m dans son habitat. Tronc unique droit et port à couronne pyramidale ou en forme de coupole, composée d'une succession de branches étalées ou dressées qui lui donne toutefois une silhouette plutôt aérée. Écorce craquelée avec l'âge, brun-rouge à noirâtre et formant des plaques entrecoupées de profondes fissures noirâtres. Rameaux terminaux vigoureux de 15-20 mm d'épaisseur, rigides et écailleux à cause de la présence des cicatrices foliaires qui persistent plusieurs années. Bourgeons terminaux ovoïdes-pointus et non résineux, de 20-40 mm de long, brun-orangé à brun-rouge et chez lesquels les écailles sont bien imbriquées et à bords ciliés ; les bourgeons latéraux sont plus petits. Les faisceaux foliaires sont concentrés au bout des rameaux et le plus souvent dirigées vers le haut. Les aiguilles sont groupées par 5 et sont persistantes pendant 2-3 ans ; elles mesurent (17) 25-40 (45) cm de long sur 1-1,6 mm de large et sont très variables quant à leur aspect, soit rigides et droites soit plus flexibles et tombantes. Elles sont vert-foncé à vert-clair sur la face supérieure et plutôt vert-bleu sur la face inférieure. Les deux faces portent de fines lignes de stomates, 5-9 sur la face supérieure et 3-6 sur la face inférieure ; bords légèrement dentés et apex pointu. La gaine  de 25-30 mm de long est brun-rouge lorsqu'elle est jeune puis plus foncé et persistante à la base en vieillissant.

 

Les cônes mâles sont cylindriques (20-40 mm de long), rose-pourpré virant au brun-clair ; ils apparaissent près de l'extrémité des rameaux de l'année et sont arrangés en couronne. Les cônes femelles apparaissent sur la partie antérieure au rameau de l'année, soit sur celle de l'année précédente. Ils sont groupés en verticille de 1-4 et sont le plus souvent dressés avant la fécondation. Après celle-ci leur vigoureux pédoncule de 10-15 mm a tendance à se recourber. Ils sont alors ovoïdes-oblongs, brun-pourpre. A maturité ils mesurent 15-35 cm de long sur 8-15 cm de diamètre et leur base est oblique. Ils sont légèrement résineux, d'abord brunâtres puis devenant un peu plus gris ; maturité en 2 ans. Les écailles, au nombre de 175-225, ont une apophyse oblique, de forme rhombique à côtés irréguliers et conique de 25 mm de haut. Graines ovoïdes, aplaties de 8-10  mm de long et de 5-7 mm de large, brun clair mais souvent avec des taches plus foncées et avec une aile articulée ovale-oblique à oblongue de 25-35 mm de long sur 10-15 mm de large, brun clair avec des stries plus foncées. Environ 20-23 graines au gramme. Cette espèce se distingue principalement de P. montezumae qui lui est très proche, par la gaine foliaire sombre, plus longue et résineuse, par ses cônes plus longs et plus robustes ainsi que ses graines plus grosses.

 

Martinez a nommé 5 variétés et formes qui ne sont pas reconnues comme ayant une réalité taxinomique. De même, la présence de P. montezumae et de P. hartwegii dans les mêmes aires de répartition et les mêmes biotopes laisse à penser que la possibilité d'hybrides naturels soit plus fréquente que la nomenclature actuelle l'indique sauf peut être au travers de la synonymie de chacune.

 

Origine géographique : endémique du Mexique (Etats : Aguascalientes, Chiapas, Distrito Federal, Guerrero, Hidalgo, Jalisco, México, Michoacán, Morelos, Nayarit, Oaxaca, Puebla, Querétaro, San Luis Potosí, Sinaloa, Tlaxcala, Veracruz, Zacatecas) et de quelques stations dans le Sud-est du Guatemala. Il pousse jusque vers 2300 m d'altitude sur des versants rocailleux ou les zones sèches. On le trouve dans les zones montagneuses entre 900-2500 m (3000 m) en climat tempéré chaud à subtropical où les précipitations peuvent atteindre 1500 mm. Toutefois, dans ses zones, la période sèche se situe entre novembre et mai contrairement à nos régions. Il tolère assez bien tout type de sols mais drainés.
 

Culture

Espèce particulièrement rare en culture, qui pousse dans son milieu sur des sols drainés frais et parfois humides mais en été, pleine période de végétation. Dans nos régions il sera plutôt planté sur des sols bien drainés et sans eau stagnante, notamment là où les hivers sont froids afin d'augmenter les chances de son implantation ; plein soleil. Comme plusieurs pins proches (montezumae, palustris, pseudostrobus, maximinoi), les jeunes plants ont un aspect de graminées pendant plusieurs années et sont de ce fait assez sensible à l'excès d'eau en hiver. Dans tous les cas éviter l'excès d'eau sur les jeunes plants notamment en hiver (hivernage plutôt sous abri les 2-3 premières années) et protégez-les des fortes gelées durant les premiers hivers. Croissance assez rapide et dans nos régions, très bonne adaptation à la sècheresse (y compris résistance aux incendies) et aux sols secs. 

  Jacques Urban, 2018.

 

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 8-9