Nomenclature

Pinus leiophylla Schiede ex Schltdl. & Cham. (1831)

Pinaceae

Statut du taxon : accepté
Publication : Linnaea 6: 354 1831.
Synonymie : Pinus cedrus Roezl (1857) ; Pinus comonfortii Roezl (1857) ; Pinus decandolleana Roezl. (1857) ; Pinus dependens Roezl (1857) ; Pinus ehrenbergii Roezl (1857) ; Pinus gracilis Roezl (1857) ; Pinus huisquilucaensis Roezl (1857) ; Pinus lerdoi Roezl (1857) ; Pinus lumholtzii var. microphylla Carvajal (1986) ; Pinus monte-alleggri Roezl (1857) ; Pinus ocotechino Roezl ex Parl. (1868) ; Pinus verrucosa Roezl (1857).
Noms vernaculaires : Pin Ocote.
 
Bibliographie
Gerd Krüssmann, Manual of cultivated conifers, 1985.
Collectif, The families and genera of vascular plants, Tome I, (Collectif) Edited by E. Kubitzki, 1990.
Collectif, World checklist and bibliography of Conifers - Aljos Farjon 1ère édition (1998).
Christopher J. Earle, The Gymnosperm Database http://www.conifers.org.
 
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Description détaillée

 

Arbre de taille variant entre (7) 15 et 35 m environ pour un diamètre de tronc aussi variable, entre 20 et 85 cm en moyenne ; tronc unique droit sans branche sur au moins la moitié de l'arbre mais souvent avec de courts rameaux feuillés comme on le voit chez Pinus rigida ; port à couronne arrondie et ouverte. Écorce très épaisse, gris-brun foncé, écailleuse s'exfoliant par plaques allongées et irrégulières intercallées par de profondes fissures. Chez les jeunes sujets et sur les branches, l'écorce est brun-rouge à gris-brun. Le bois est dense, lourd, dur et très résineux avec le cœur brun pâle. Les branches sont longues, étalées ou dirigées vers le haut, les plus basses étant parfois pliées vers le bas. Rameaux écailleux brun-rouge virant au gris-brun. Aiguilles groupées par 3-5 (6), plutôt étalées, arrangées en touffes laches ou rigides à l'extrémité des rameaux. Gaine de 12-20 mm de long composée de 5-6 écailles rapidement caduques. Les aiguilles persistent 2-3 ans et mesurent 6-15 cm de long sur 0,5-1,5 mm de large, vert clair et à bords finement serrulés. La face supérieure convexe porte 4-8 lignes de stomates alors que les deux inférieures n'en ont que 3-4. Présence de 2-6 canaux résinifères médians avec parfois 1-2 internes.

 

Les cônes mâles sont cylindriques jaune-rosé devenant brun clair à maturité et mesurent 10-15 mm de long sur 4-6 mm de large. Ils apparaissent presque à l'extrémité des nouvelles pousses et sont réunis en couronnes denses autour de celles-ci. Les cônes femelles apparaissent à la base des nouvelles pousses ; ils sont solitaires ou en verticilles de 2-5 avec un robuste pédoncule de 10-20 mm de long ; les jeunes cônes  sont ovoïdes à subglobuleux, rose virant au vert-pourpré ou au brun-pourpre. Ils murissent en 3 ans et sont ovoïdes, pratiquement symétriques de  5-8 cm de long sur 4,5-5 cm de diamètre ouverts ; 50-70 écailles droites ou recourbées à la base, poupre-brun avec des traces gris plus clairs au niveau de l'aile de la graine. Apophyse carénée transversalement, de 15 mm de large, rhomboïde avec une bande étroite autour de l'umbon. Ce dernier est pyramidal avec un crochet émoussé et est plus foncé que l'apophyse. Les cônes persistent 2-3 ans sur l'arbre après la libération des graines. Graines ovoïdes, de 3-5 mm de long, gris-brun foncé avec des taches noirâtres et une aile articulée ovale de 10-18 mm de long sur 4-8 mm de large, brun-jaune translucide. Environ 160 graines au gramme.

 

La nomenclature rescence une variété, chihuahuana, qui semble assez différente du type dès lors qu l'on observe les deux extrémités de la cline (1) et donc dans l'aire de jonction il est difficile de les distinguer. En général, par rapport au type décrit ci-dessus la variété chihuahuana a les aiguilles groupées par 3, de 0,9-1,3 mm de large et avec 5-8 lignes de stomates sur la face supérieure et 4-6 canaux résinifères. La variété chihuahuana a tendance à être plus petite, à se développer davantage vers l’intérieur du pays où les sites sont plus secs et le climat plus continental ; ses aiguilles sont aussi plus courtes et plus rigides ce qui lui donne, de loin, l'apparence d'une brosse que ne procure pas le type qui tend à se dévelloper plus vers l'océan.

Il existe aussi de petites zones où des formes intermédiaires existent ce qui laisse supposer que des introgressions sont possibles (2). Malgré cela, ces observations incitent à penser qu'il s'agit vraiment d'une adaptation clinale plutôt que d'une introgression car les deux variétés ont des gaines qui tombent précocément et sont les seuls pins durs du Mexique à posséder ce caractère. Elles ont également une maturation des cônes de trois ans, unique chez les pins d'Amérique latine. Certains auteurs en font deux espèces distinctes et là c'est vraiment une erreur taxinomique !

 

Origine géographique : espèce originaire du Mexique (Sonora, Chihuahua, Durango, Nayarit, Zacatecas, Jalisco, Michoacán, Mexico, District Fédéral, Hidalgo, Morelos, Tlaxcala, Puebla, Veracruz, Guerrero et Oaxaca) et de l'extrème sud-ouest des USA, dans le Sud de l'Arizona et du Nouveau Mexique entre 1500 et 3300 m d'altitude. A partir de l'État de Zacatecas dans le Sud du Mexique, on se trouve en présence de la variété chihuahuana, variété plus xérophyte. Sols plutôt sablonneux et caillouteux, peu profonds et pauvres en matière organique.

 

Culture

espèce exceptionnelle en culture, adaptée aux sols secs ou bien drainés et faiblement calcaires. Rusticité des arbres adultes à préciser. Les jeunes plants de 2 ans mesurent 15-20 cm et portent des aiguilles vert-bleu pâle à vert-jaune ; arrosages parcimonieux, rares en hiver et protection des gelées obligatoires les premières années. La variété chihuahuana qui pousse davantage en altitude que le type est légèrement plus rustique d'où la mention de la zone 8 ci-dessous. Hélas on ne la trouve pas en culture.

 Jacques Urban, 2018.

 

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Culture en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante - Zone de rusticité : 8-9

 

Lexique

1. Evolution graduelle de certains caractères au sein d'une population en fonction de l'aire de répartition géographique ou des facteurs écologiques.

2. Pénétration du génome d'une population par des gènes d'un autre taxon après hybridation puis recombinaison.