Nomenclature

Synoicus chinensis Linnaeus (1766).

Phasianidae

Statut du taxon : accepté
Synonymie : Tetrao chinensis Linnaeus (1766), Excalfactoria chinensis ; Coturnix chinensis.
Noms vernaculaires : caille peinte, caille de Chine ; Engl. asian blue quail.

 

Bibliographie

Severinghaus & Blackshaw, A new guide to the birds of Taiwan –  Mei Ya Publications 1976.

R.D. Etchecopar & F. Hüe, Les Oiseaux de Chine, Mongolie et Corée, non Passereaux, Boubée, 1978.

B. King, M. Woodcock & E.C. Dickinson, A field guide to the birds of South East Asia,  Collins 1978.

G.M. Henry, A guide to the birds of Ceylon, Oxfrod University Press 1978.

P. Slater, A field guide to the Australian birds - Vol. 1 Non Passerines, Rigby, 1979.

R. Howard & A. Moore, A complete checklist of the Birds of the World, Oxford UP, 1980.

Collectif, Handbook of the birds of the world, Volume 2 - Lynx Edicions, 1994.

 

Iconographie

Jacques Urban : 1. mâle, 2 couple (en captivité), 3 aire naturelle de répartition, 4. femelle au nid (en captivité), 5. variations des oeufs, 6. poussin d'un jour.

 

Description détaillée

 

Taxinomie : la caille peinte ou plus fréquemment caille de Chine chez les éleveurs, est désormais classée dans le genre Synoicus lui-même désormais séparé du genre Coturnix. Initialement elle était la seule espèce du genre Excalfactoria puisque Synoicus adansonii, la caille bleue d'Afrique était considérée comme conspécifique avec chinensis.

 

Caractéristiques : avec S. adansonii, la caille peinte est le plus petit représentant de l'ordre des Galliformes puisqu'elle ne mesure qu'environ 12-15 cm de long pour un poids de 20-57 g. Le plumage du mâle (type) est brun plus ou moins mêlé de noir, de crème et de roux sur les parties supérieures du corps ; du bas de la poitrine aux sous-caudales il est roux à chatain foncé. Le dessus de l'oeil, les côtes du cou, le haut de la poitrine et les flancs sont d'un beau bleu-cobalt ; la gorge est noire, largement encadrée par un collier blanc comme du reste sous les yeux. Cet ensemble permet à l'oiseau d'effrayer certains prédateurs car lorsque le cou est gonflé, ce masque ressemble étrangement à une gueule ouverte et à des yeux. Pattes jaunes, iris rougeâtre, bec noirâtre. La femelle est plus pâle sur les parties supérieures avec des tons beiges striés de brun sur les flancs et la poitrine est blanchâtre à jaunatre sur le ventre. Joues beige souvent pâle, gorge jaunâtre, iris noir.

Le mâle se distingue de celui de S. adansonii par des parties inférieures roux à chatain foncé contre bleu ardoisé sensiblement teinté de roux chez adansonii qui en revanche a les couvertures alaires chatain-roux contre brunes chez chinensis. Les femelles sont identiques sinon que celle de S. adansonii a des couvertures alaires nettement plus striées de noir que chez chinensis et les joues plus foncées. (Voir la comparaison sur S. adansonii)

 

Cette petite espèce fréquente surtout les espaces enherbés, les savanes avec çà et là des bosquets, des broussailles et toujours des biotopes à herbes assez épaisses ou elle peut se camoufler ; parfois elle fréquente les terrains un peu marécageux et les rizières mais moins que sa cousine africaine. En Inde on la trouve jusque vers 2000 m d'altitude. En principe elle vit par paire, souvent en couple, mais également par petits groupes de 5 ou 7 individus qui sont sans doute les jeunes de l'année (rarement des groupes plus grands). Elle se nourrit principalement de graines tombées sur le sol (surtout celles des graminées), de feuilles, d'insectes (dont beaucoup de termites), de larves et d'adultes mais aussi d'autres petits invertébrés.

 

Moeurs : Selon l'hémisphère et le régime des pluies, la saison de reproduction débute entre septembre et avril. Le mâle est monogame. En général, il y a une ponte tous les 6 mois. Le nid est une petite dépression ou une cavité du sol, bien dissimulée dans la végétation et garnie d'herbes sèches et de feuilles. La femelle y dépose en moyenne de 5 à 8 œufs brun-olivâtre, plutôt rugueux, de 25 x 19 mm environ. L'incubation est assurée assidument par la femelle seule pendant 16-18 jours, mais le mâle reste tout près pour signaler un éventuel danger en émettant une sorte de soufflement rappelant un peu, une fuite de gaz. Les poussins sont très petits et suivent immédiatement leur mère. Leur duvet ressemble à celui de C. coturnix mais les raies sont plus diffuses et l'ensemble est plus pâle. Comme les autres espèces du genre, ils volètent vers l'âge de 8 à 10 jours et volent totalement vers la 3e semaine.

 

Statut : cette espèce est suffisamment répandue et se reproduit assez bien pour ne pas être menacée bien qu'il y ait peu d'information sur la densité réelle des populations en fonction des régions. De plus son caractère erratique engendre des difficultés d'appréciation des populations.

 

Origine géographique : l'espèce est présente de la péninsule indienne au Sud-est de la Chine jusqu'en Nouvelle Guinée, l'Indonésie et les Philippines ainsi qu'en Australie sur une large bande côtière orientale, depuis l'extrême Nord de l'Australie Occidentale jusqu'à l'état du Victoria au Sud. La race nominale est présente sur une vaste aire continentale allant de l'Inde au sud de la Chine, jusqu'en Indochine, en Malaisie et au Sri Lanka (voir  ci-dessous le détail des taxons inférieurs). Elle a été introduite avec succès dans le Sud-est de l'Australie et sur l'île de Guam ... peut-être ailleurs (?).

 

Elevage : La caille de Chine est un oiseau commun en captivité, présent chez quasiment tous tes marchands d'oiseaux. Il existe diverses formes de plumage dont la plus répandue, en plus de la race type, est la teinte dite "argentée" où toutes les couleurs sont comme délavées sur un fond cendré ou une forme obscure où le mâle n'a pas le masque et le vnetre chatain caractéristiques. Existe aussi en blanc et toutes sortes d'intermédiaires avec le type sauvage. Son élevage  est assez facile. On peut la maintenir en cage avec d'autres petits oiseaux, ce qui a pour avantage de la voir manger les graines tombées sur le plancher. A ce sujet, elle consomme beaucoup de millet, de chènevis et diverses petites graines sans dédaigner toutefois les vers de farine, les vers de terre (attention à l'excès qui peut devenir nocif) et divers insectes sans oublier toutes sortes de végétaux.

 

En cage, la femelle pond souvent mais ne couve pas facilement, aussi faudra-t-il ramasser les œufs et les faire incuber artificiellement. A la naissance les cailleteaux sont très craintifs et farouches. Leur principale nourriture sera d'abord de la pâtée pour insectivores puis peu à peu on leur distribuera de petites graines ou des granulés sous forme de miettes destinés aux faisandeaux et autres pintadeaux. Il est préférable qu'ils soient plusieurs car ils se stimulent dans la recherche de nourriture. En volière, il n'en va pas de même et on a souvent la surprise de découvrir un nid avec une ponte que la femelle mènera fréquemment à terme. Ici, c'est ce sont des petits prédateurs qu'il faudra se méfier (souris, musaraigne) car ceux-ci peuvent s'attaquer aux poussins dès les premiers jours et ce bien que les parents soient très vigilants et défendent parfaitement leurs poussins qui sont très vifs et rapides. Pour l'éleveur qui ne possède pas de jardin mais qui a une cage d'une superficie appréciable, il peut installer un petit tunnel ou une cachette sur le sol avec de l'herbe séchée. Souvent, la femelle y couvera à l'abri des regards indiscrets.

 Jacques Urban, 1990 révisé en 2017.

Statut dans la nature : en danger ; vulnérable ; pas globalement menacée ; fréquente ; abondante
Elevage en Europe : aucune ; occasionnelle ; peu commune ; commune ; abondante

Taxons inférieurs :

 

Sous espèces :

colletii Mathews, 1912 : Australie (Nord du Territoire du Nord).
lepida Hartlaub, 1879 : archipel Bismarck.
lineata Scopoli, 1786 : Philippines, Borneo et Sulawesi.

lineatula Rensch, 1931 : Petites îles de la Sonde de l'île de Lombok jusqu'au Timor oriental.

novaeguinense Rand, 1942 : montagnes de Nouvelle Guinée.

palmeri Riley, 1919 : Sumatra et Java.

papuensis Mayr & Rand, 1937 : Sud-est de la Nouvelle Guinée.

victoriae Mathews, 1912 : Est Australie de la péninsule d'York jusqu'au Victoria. Cette sous-espèce s'appellait avant Coturnix chinensis australis, mais ce qualificatif n'a pas été transposé pour éviter la confusion avec Synoicus ypsilophora australis.