Nomenclature

Genre Streptopelia Bonaparte (1855)

Columbidae

Statut du taxon : accepté

Liens taxinomiques : Columba, Spilopelia.

Noms vernaculaires : tourterelles (de l'Ancien Monde).

 

Bibliographie

Derek Goodwin, Pigeons and Doves of the World, 1977.

R. Howard & A. Moore, A complete checklist of the Birds of the World, Oxford UP, 1980.
Urban Jacques, Elevage des oiseaux d'ornement, J & D Editions, 1990. (en vente dans notre boutique)
Collectif, Handbook of the birds of the world, Volume 4 - Lynx Edicions 1997.
Collectif, Illustrated checklist of the birds of the world, Volume 1 - Lynx Edicions 2014.

 

Description détaillée

 

Bien que le nom de Streptopelia ne soit pas parlant dans l'esprit de quiconque, force est de constater que ce sont certainement des oiseaux de cage parmi les plus anciens, y compris même avant les canaris, je veux parler des tourterelles. Il est regrettable que la nomenclature ne leur ait pas attribué pour genre le nom de Turtur qui est à l'origine celui donné aux tourterelles par les Romains. Ce nom est désormais la propriété du groupe des colombes terrestres africaines ce qui peut créer une certaine confusion. Quoiqu'il en soit, et laissant de côté ce problème de dénomination, le genre Streptopelia comprend 14 espèces qui forment un ensemble homogène surtout depuis que 2 espèces (S. senegalensis et S. chinensis) ont été versées dans un genre à part, Spilopelia. Elles sont caractérisées par une taille moyenne (entre 20 et 30 cm) et à ce titre apparaissent comme une transition entre les pigeons typiques du genre Columba et les Colombes terrestres du genre Turtur et Columbina. Ce sont d'excellents voiliers, au vol rapide (certains espèces étant même connues pour leur migration: Streptopelia turtur). Au reste toutes ont des mœurs plus ou moins erratiques bien qu'attachées aux sites de nidification. L'ensemble de leur corps est élancé et leurs pattes courtes mais robustes car elles cherchent principalement leur nourriture sur le sol. Elles se reposent sur les arbres, sur une antenne de télévision ou sur les lignes électriques.

 

Toutes les espèces possèdent sur le cou soit des taches colorées comme chez les pigeons typiques soit un collier noir sur les côtés du cou et la nuque. Elles possèdent également une zone orbitale de peau nue, plus ou moins étendue selon espèces. La parade nuptiale se résume le plus souvent à l'appel du mâle qui seul, roucoule la tête inclinée en battant légèrement et rythmiquement des ailes, poursuivant parfois sur le sol la femelle, en roucoulant. Pour cela, il gonfle son cou et émet soit un "tour-tour-tour" un peu sourd comme chez Streptopelia turtur (ce qui lui a valu le nom de turtur puis de tourterelle) soit un "kou-ou-kourrrou" roulé comme chez S. roseogrisea etc., toujours sur le même modèle. Le nid est le plus souvent situé dans un arbre où un buisson (plus rarement sur un édifice) et est un entrelac de brindilles un peu lâches, voire le nid d'une autre espèce. La ponte comprend presque toujours deux œufs.

 

Le genre Streptopelia est inféodé aux régions tempérées et chaudes de l'Ancien Monde. En captivité, elles préfèreront des volières bien exposées où elles pourront prendre leur bain de soleil. On optera alors soit pour de grandes volières capables d'accueillir plusieurs couples soit au contraire pour des volières beaucoup plus modestes (2 à 3 m de long sur 2 m de haut et 1 m à 1,20 m de large), conçues pour un à 3-4 couples selon les espèces. En effet, les tourterelles sont d'une part assez vives et farouches et d'autre part batailleuses lors de la saison de reproduction. Leur sociabilité est très variable non seulement en fonction de l'espèce mais aussi en fonction des individus et il ne sera pas prudent de les mêler à d'autres Columbidae plus petits qu'elles. Elles font bon ménage avec divers Phasianidae (cailles, colins, perdrix) avec les cardinaux et oiseaux de même taille. II faudra se méfier des espèces "turbulentes" comme certaines perruches, inséparables (Agapornis) ou les rossignols du Japon (Leiothrix lutea) qui risquent de manger les œufs. Bien sûr certaines espèces se contenteront d'une grande cage mais alors ce sera les condamner à ne plus voler. Prévoyez de mettre à leur disposition une baignoire car certaines aiment se baigner régulièrement. Leur nourriture sera surtout composée de graines variées, de petites baies et rarement de larves (vers de farine, chenilles...).

 

Toutes se reproduisent chaque année et souvent les pontes se succèdent de mars-avril à septembre-octobre pour les plus prolifiques avec une moyenne de 2-3 couvées d'avril à septembre. Certaines espèces (notamment S. turtur) peuvent parfois bouder la reproduction pendant une à deux saisons mais donneront quelques résultats dès qu'elles seront acclimatées. On placera des nids en osier, "spécial tourterelle" que l'on trouve dans le commerce mais dont la fixation est souvent instable car insuffisante surtout pour les maintenir horizontaux évitant aux œufs de tomber. On pourra également installer de simples caissettes en bois (20 x 15 x 5 à 10 cm de haut) sur les parois de la volière ; elles ne seront pas trop grandes afin d'éviter à deux femelles d'y aller pondre (voir paragraphe sur la reproduction dans l'ouvrage). En principe toutes les espèces sont d'excellents oiseaux d'élevage mais de nos jours, seules 9 espèces sont régulièrement élevées.
Jacques Urban, 1990.
Taxons inférieurs : 14 espèces acceptées à ce rang.
Streptopelia bitorquata : Tourterelle à double collier
Streptopelia capicola : Tourterelle du Cap
Streptopelia decaocto : Tourterelle turque
Streptopelia decipiens : Tourterelle pleureuse
Streptopelia hypopyrrha : Tourterelle de l'Adamaoua
Streptopelia lugens : Tourterelle à poitrine rose
Streptopelia orientalis : Tourterelle orientale
Streptopelia picturata : Pigeon de Madagascar
Streptopelia reichenowi : Tourterelle de Reichenow
Streptopelia roseogrisea : Tourterelle rieuse
Streptopelia semitorquata : Tourterelle à collier
Streptopelia tranquebarica : Tourterelle à tête grise
Streptopelia turtur : Tourterelle des bois
Streptopelia vinacea : Tourterelle vineuse